La concentration du patrimoine des ménages s’est accrue en France depuis 2004
La dernière enquête de l’Insee sur le patrimoine des ménages témoigne d’un creusement des écarts entre catégories sur la période 2004-2010. Constatant que la moitié des ménages vivant en France déclare un patrimoine brut supérieur à 150.200 euros, l’institut relève que les 10% des ménages les mieux dotés détenaient chacun l’an dernier au moins 552.300 euros de patrimoine brut, soit collectivement 48% de la masse globale, alors que le dernier décile possédait au maximum de 2.700 euros, soit 0,1% du total.
Le patrimoine moyen des ménages du premier décile est désormais 35 fois plus élevé que les avoirs détenus par les 50% des ménages les moins bien pourvus, contre un ratio de 32 en 2004. Ceci correspond à une augmentation de l’écart de près de 10% en 6 ans. De plus, «les inégalités de patrimoine sont beaucoup plus marquées que celles des revenus», souligne l’Insee en rappelant que sur la base des chiffres de 2009, le revenu disponible des ménages du dernier décile était 4,2 fois inférieur à celui des 10% les plus aisés.
De manière logique, avoir reçu un héritage ou une donation est favorable à la constitution d’un patrimoine. «La moitié des ménages dans ce cas possèdent plus de 241.300 euros contre 63.100 euros pour la moitié de ceux qui n’en ont pas bénéficié», précise l’enquête. Constitué à 62% de biens immobiliers, le patrimoine brut fait la part belle à la résidence principale dont 6 ménages français sur 10 sont propriétaires. Mais si la quasi-totalité des 10% des ménages les plus riches possède sa résidence principale, cela ne s’applique qu’à 22% des ménages faisant partie des 50% les moins bien dotés.
Les logiques d’accumulation patrimoniale diffèrent enfin nettement entre salariés et non-salariés. La moitié des ménages d’agriculteurs détient plus de 642.100 euros de patrimoine brut global, cette somme étant de 555.900 euros pour les professions libérales, alors que la médiane du patrimoine des salariés en activité s’élève à 126.900 euros. Cet écart tient à une propension à l’épargne plus importante pour les ménages d’indépendants dont le patrimoine repose à 45% sur des actifs professionnels. S’ils en cèdent une partie lors de la retraite, des fluctuations de revenus plus fortes que chez les salariés les incitent à constituer une épargne de précaution comparativement plus élevée.
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