La City perplexe après le veto du Premier ministre David Cameron
Depuis quelques semaines, le ton avait monté d’un cran entre l’Union européenne et Londres. Pour autant, peu d’observateurs auraient pu prévoir que le Premier Ministre britannique David Cameron allait faire de la protection des intérêts financiers de la City une question décisive dans sa participation à la future architecture européenne.
Devant le refus de ses partenaires européens de céder à l’exigence de la création d’un protocole mettant les intérêts de la City à l’abri des futures réglementations financières européennes, David Cameron a donc opposé son veto à la modification du traité de l’UE. Mais son but sera-t-il vraiment atteint?
Au cours du week-end, des voix se sont élevées pour dénoncer la position britannique: au sein même du gouvernement de coalition, le secrétaire d’état au commerce Vince Cable a violemment critiqué le Premier ministre pour avoir associé l’intérêt britannique aux services financiers: «je ne partage pas l’idée qu’on donne à ce secteur une importance si centrale», a-t-il déclaré publiquement.
Dans la City, les avis soufflaient en revanche le chaud et le froid: Bob Diamond, directeur général de Barclays a ainsi trouvé «rassurant de voir le Premier ministre démontrer si clairement sa reconnaissance de l’importance des services financiers au Royaume-Uni». Plus prudente, Angela Knight, directrice générale de la BBA, l’association des banques britanniques, soulignait qu’il était encore prématuré pour mesurer l’impact des négociations mais espérait néanmoins «qu’elles ne se retournent pas contre le Royaume-Uni».
Charles Grant, directeur général du Centre for European Reform, un think-tank basé à Londres, évoquait, quant à lui, un désastre pour le Royaume-Uni : «les pays prenant part à la nouvelle architecture vont discuter de sujets concernant les questions sur le marché unique, à l’image de la réglementation financière. En théorie, ces questions devront être réglées par l’ensemble des 27. En pratique, les pays appartenant à ce nouveau club vont se réunir et prédéterminer les résultats des votes de l’EU sur les réglementations en matière de marché unique, qu’elles concernent la City ou autre chose».
Si l’ouverture d’une nouvelle ère entre l’UE et la Grande-Bretagne est désormais une certitude outre-Manche, la question de la perte d’influence du pays sur les dossiers financiers reste encore à débattre.
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