La chute récente de la liquidité mondiale affecte l’appétit pour le risque
Mesurer la création de monnaie s’avère de plus en plus difficile avec l’émergence de nouvelles sources de liquidité et la rapide circulation du capital d’un pays à un autre. L’analyse de la liquidité est pourtant précieuse pour pouvoir disposer d’un indicateur aidant à anticiper les crises. Notre expérience suggère en effet qu’une période prolongée de décélération de la croissance monétaire a souvent eu des conséquences graves pour l’économie réelle et les marchés financiers. Les crises peuvent notamment s’observer quand la décélération intervient à partir de niveaux élevés de croissance de la monnaie en circulation (cf. la crise asiatique en 1997).
Schroders s’est efforcé de bâtir un indicateur global en compilant les agrégats monétaires M2 de plus de 35 pays et en mesurant son évolution en termes réels.
Or, l’évolution récente est inquiétante: alors que beaucoup voient l’économie mondiale crouler sous les liquidités - grâce aux politiques monétaires accommodantes des banques centrales - on constate pourtant un effondrement de la liquidité mondiale. Ceci semble lié à plusieurs facteurs: la réduction des mesures d’assouplissement quantitatif aux Etats-Unis et au Royaume-Uni, le durcissement des politiques monétaires dans certains pays émergents (Chine, Brésil, Inde, etc…), mais aussi la réduction forcée de la taille de bilan des banques et la rétention par ces dernières de la liquidité.
La décélération observée dès la fin 2009 pourrait expliquer les dégagements récents sur les classes d’actifs à risque et les tensions observées sur les émetteurs européens les plus fragiles. A noter que les périodes de décélération sont souvent suivies de fortes ré-accélérations, les banques centrales recommençant à imprimer de la monnaie. Un retour de l’appétit pour le risque est donc très vraisemblable d’ici à la fin de l’année.
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