La chute récente de la liquidité mondiale affecte l’appétit pour le risque
Mesurer la création de monnaie s’avère de plus en plus difficile avec l’émergence de nouvelles sources de liquidité et la rapide circulation du capital d’un pays à un autre. L’analyse de la liquidité est pourtant précieuse pour pouvoir disposer d’un indicateur aidant à anticiper les crises. Notre expérience suggère en effet qu’une période prolongée de décélération de la croissance monétaire a souvent eu des conséquences graves pour l’économie réelle et les marchés financiers. Les crises peuvent notamment s’observer quand la décélération intervient à partir de niveaux élevés de croissance de la monnaie en circulation (cf. la crise asiatique en 1997).
Schroders s’est efforcé de bâtir un indicateur global en compilant les agrégats monétaires M2 de plus de 35 pays et en mesurant son évolution en termes réels.
Or, l’évolution récente est inquiétante: alors que beaucoup voient l’économie mondiale crouler sous les liquidités - grâce aux politiques monétaires accommodantes des banques centrales - on constate pourtant un effondrement de la liquidité mondiale. Ceci semble lié à plusieurs facteurs: la réduction des mesures d’assouplissement quantitatif aux Etats-Unis et au Royaume-Uni, le durcissement des politiques monétaires dans certains pays émergents (Chine, Brésil, Inde, etc…), mais aussi la réduction forcée de la taille de bilan des banques et la rétention par ces dernières de la liquidité.
La décélération observée dès la fin 2009 pourrait expliquer les dégagements récents sur les classes d’actifs à risque et les tensions observées sur les émetteurs européens les plus fragiles. A noter que les périodes de décélération sont souvent suivies de fortes ré-accélérations, les banques centrales recommençant à imprimer de la monnaie. Un retour de l’appétit pour le risque est donc très vraisemblable d’ici à la fin de l’année.
Plus d'articles du même thème
-
Le climat des affaires s'améliore un peu en juin en France
L'indicateur est ressorti à 94 après 93 en mai. Il reste morose dans le secteur des services. -
Un rapport sort de l'ombre le coût du reporting CSRD
Le prix de l’audit vert pour les entreprises représente 6% de celui de l’audit financier traditionnel, au sein du CAC 40, selon l’enquête du cabinet Ecomètis. -
Sycomore atteint les 10 milliards d’euros d’encours
La société de gestion dirigée par Denis Panel se rapproche de l'objectif d'encours de son plan à 2028, alors qu'elle fête ses 25 ans.
ETF à la Une
AllianzGI va lancer cinq ETF actifs en Europe dès l'été
- L'AFG propose d'introduire une dose de capitalisation dans les retraites complémentaires du privé
- Le programme Tibi 3 vise 15 milliards d'euros d'investissements dans la tech
- La frontière entre actifs cotés et non cotés s'estompe dans les allocations institutionnelles
- Blue Sea et dette privée : Bpifrance muscle son arsenal d’investissement
- La Caisse des dépôts investit dans un fonds monétaire Ucits tokenisé
Contenu de nos partenaires
-
L’Iran administrera le détroit d’Ormuz affirme le négociateur en chef de la République islamique
Téhéran a assuré mardi 23 juin vouloir garder le contrôle sur le détroit d’Ormuz, malgré l’annonce par Washington d’une levée des sanctions sur le pétrole iranien -
Grand fraisPourquoi la climatisation fait chauffer les réseaux électriques
Lundi 22 juin 2026, la consommation d’électricité en France devrait atteindre 57 GW à 19 h, et restera en deçà du pic de consommation de 60 GW datant du 1er juillet 2025, rassure RTE, le gestionnaire du réseau de transport de l'électricité. -
Santé : la facture sous-estimée des vagues de chaleur à répétition
Les données parcellaires illustrent un manque de recul, mais surtout de prospective, alors que les vagues de chaleur vont devenir la norme.