La Chine tente de limiter le ralentissement de son économie
Pékin prend le tournant de la relance. La Banque populaire de Chine a injecté 51 milliards de yuans (6,3 milliards d’euros) dans le système bancaire cette semaine par le biais d’opérations d’ «open market». Hier, la banque centrale a annulé pour la deuxième semaine consécutive une émission prévue de titres à trois mois. «En ne réalisant pas l’émission, la banque centrale injecte des liquidités dans le système» estime Pin Ru Tan, stratégiste chez HSBC. Si le taux de refinancement à 7 jours a chuté de 129 points de base cette semaine à 4,31% à Shanghai après avoir atteint un plus haut de 5 mois le 30 décembre à 5,60%, Wee-Khoon Chong, stratégiste à la Société Générale, s’attend à «une hausse du taux au-dessus des 6% dans les deux prochaines semaines sur fond de possibles assèchements temporaires de liquidités». Or, les autorités visent un taux maximum de 3%, avec un taux Etat à 10 ans à 3,40%.
«Les autorités ne peuvent pas se reposer sur les rachats de titres et la seule manière d’injecter efficacement des liquidités dans le système est de baisser le ratio des réserves obligatoires» estime Chia Woon Khien, stratégiste chez RBS. Les économistes s’attendent à une nouvelle baisse du ratio avant le week-end prolongé du 23 janvier qui verra débuter l’année du dragon sur fond d’un ralentissement de la croissance à 8,6% au quatrième trimestre 2011, selon le consensus Bloomberg. Les prix des biens résidentiels ont connu en décembre leur quatrième mois consécutif de baisse (de 0,25%). «Avec une inflation qui devrait tomber sous 4%, il existe clairement une marge de manœuvre pour un assouplissement monétaire et une politique de soutien budgétaire à la consommation et à l’immobilier» estime la société de gestion GaveKal.
Côté immobilier, Pékin ne relâche pas les mesures restrictives mais table sur le programme de construction de cinq millions de logements sociaux d’ici fin 2012. Le ministre du commerce, Chen Deming, a également annoncé hier la mise en place d’un plan de relance très ciblé de la consommation des ménages. Mais comme le précise GaveKal, «l’accumulation de créances douteuses indique que l’ampleur de la relance est plus limitée aujourd’hui qu’en 2008» où elle avait pesé plus de 15% du PIB. Avec un excédent commercial en baisse de 181,5 milliards de dollars en 2010 à 160 milliards en 2011, Pékin cherche à relancer la demande intérieure dont le poids dans le PIB est tombé de 50% il y a 20 ans à 33,8% en 2010.
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