La Chine amorce une baisse contrôlée des prix immobiliers
Le prix moyen des logements neufs a diminué pour le troisième mois consécutif, de 0,3% en décembre. Il reste en hausse de 1,6% sur un an
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Patrick Aussannaire
L’immobilier concentre l’attention des autorités chinoises. Le prix moyen des logements neufs a baissé pour le troisième mois consécutif dans le pays, de 0,3% en décembre après 0,2% en novembre et en octobre. Les prix ont baissé dans 52 des 70 villes passées au crible par le Bureau des statistiques chinois, contre 49 en novembre. En éclaireur, la ville de Wenzhou a vu les prix chuter de 1,9% en décembre et de 6,9% sur un an, alors que la baisse dans les 70 villes couvertes a été plus limitée à 0,22% en moyenne en décembre, après une contraction de 0,17% en novembre et une hausse de 0,13% en octobre.
Sur un an, la tendance reste positive mais en décélération avec une hausse des prix de 1,6%, après 2,3% en novembre. Dragonomics estime que les prix des logements avaient baissé de 10% depuis janvier mais considère qu’au stade actuel «le risque d’une chute libre de la construction de logements, l’indicateur à suivre dans le cycle d’investissement, est très faible».
Les constructions de logements neufs ont ralenti de +42% en 2010 à +16% en 2011, mais restent soutenues. Une raison à cela : l’envolée de 40% de la construction de logements à bas coûts lancée par le gouvernement a permis de compenser la baisse de 5,9% en rythme annuel du volume de construction de logements privés au quatrième trimestre 2011. Les investissements en projets immobiliers ont progressé de 28% à 6.170 milliards de yuans l’année dernière, après une hausse de 33% en 2010, et la demande de matériaux de construction a rebondi de 1,2% en décembre après cinq mois consécutifs de baisse.
Dans ce contexte, Citigroup explique que le gouvernement «est déterminé à voir les prix baisser dans ce cycle de resserrement du crédit, même si la ‘stabilisation des prix’est la formule la plus utilisée». Si à Pékin, les prix ont baissé de 11% en 2011, le maire de Shanghai indiquait néanmoins lundi qu’il serait contraint de relever la limite haute de la valeur de transaction d’un bien «ordinaire» de 2,45 millions à 3,3 millions de yuans. «Nous sommes obligés d’admettre que les prix des biens sont trop élevés», indiquait Han Zheng. Et d’ajouter que «les prix élevés n’affectent pas seulement les consommateurs, mais montrent qu’il existe une déviance du principe d’une croissance soutenable du marché immobilier». Les autorités «souhaitent que l’argent retourne vers l’économie réelle», explique Citigroup.
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