La Cades entre par la grande porte sur le marché du renminbi offshore
Par principe, l’Agence France Trésor, qui gère la dette de l’Etat, n’emprunte pas dans d’autres devises que l’euro. C’est donc la Caisse d’amortissement de la dette sociale (Cades) qui s’est chargée hier d’émettre la première obligation en renminbi d’une signature souveraine en France, pour 3 milliards de yuans à 2 ans. Le tout sans roadshow préalable auprès des investisseurs.
«Nous souhaitions envoyer un signal sur le fait que la Place de Paris avait un émetteur en renminbi appartenant à la sphère de l’Etat», indique Patrice Ract Madoux, président de la Cades. C’était le sens de l’accord de coopération signé l’an dernier avec Bank of China. Autre signal visant à positionner Paris parmi les places financières offshore de référence pour l’internationalisation du yuan, l’emprunt y sera coté sur Euronext. Cette émission inaugurale en appellera d’autres. «A partir du moment où nous décidons d’emprunter dans une nouvelle devise, notre volonté est de réaliser d’autres émissions si la demande est là», souligne Patrice Ract Madoux.
A l’échelle des besoins de la Cades cette année, soit 16 milliards d’euros à moyen long terme, l’emprunt pourrait sembler accessoire: il représente 424 millions d’euros. «Ce montant de 3 milliards de renminbis dépasse largement toutes les transactions réalisées par des corporates français ou par des agences sur le marché offshore. Il place la Cades au niveau du Trésor britannique, qui a levé autant avec son emprunt inaugural en octobre», met en perspective Philippe Laroche, directeur de l’origination DCM secteur public chez HSBC France. La banque a dirigé le placement avec Bank of China, BNP Paribas, CA CIB et SG CIB.
Le livre d’ordres, qui a atteint 4,6 milliards, a permis de ramener de 3,9% à 3,8% le rendement offert. Une fois swappé contre euros, le coût de l’emprunt devrait être inférieur au coût moyen de financement de la Cades, tombé à 2,42% fin 2014. Les investisseurs hors Asie ont pris 58% du papier, avec en tête le Royaume-Uni (24%) et le reste de l’Europe (17%). Banques commerciales et privées ont souscrit les deux tiers.
Hasard du calendrier, le placement Cades a eu lieu le jour de la publication des statistiques annuelles de Swift. Elles montrent que le yuan s’est hissé au cinquième rang mondial des devises de paiement, devant les dollars canadien et australien. Les transactions en devise chinoise représentent désormais 2,17% des paiements mondiaux en valeur, non loin du yen (2,69%).
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