La BRI défend les coopérations internationales
Alors que l’économie mondiale continue à montrer des signes d’amélioration, la Banque des règlements internationaux (BRI) identifie, dans son rapport annuel publié hier, quatre risques qui, hormis les questions géopolitiques, menaceraient la viabilité de la croissance: une hausse de l’inflation, des tensions en cas de retournement des cycles financiers, le poids de la dette privée ainsi que la montée du protectionnisme. «Dans une large mesure, ces risques trouvent leur origine dans le trio de menaces mis en lumière dans le précédent rapport annuel: une croissance de la productivité anormalement faible, une dette mondiale historiquement élevée et une marge de manœuvre extrêmement réduite pour l’action des pouvoirs publics», écrit la BRI dans le préambule de son rapport.
Parallèlement, le contexte politique a provoqué des changements sur les marchés, estime la BRI. Les intervenants «ont détourné leur attention des politiques monétaires au profit des événements politiques», modifiant «les schémas de corrélations et de risque» traditionnels. «Aux amples fluctuations que connaissaient les positions en fonction de l’appétit [...] pour le risque a commencé à se substituer une plus grande différenciation sectorielle et géographique», affectant aussi le marché des changes. En outre, l’incertitude politique s’est décorrélée de la volatilité des marchés financiers, «historiquement faible».
L’organisme de gouvernance des Banques centrales exhorte donc à profiter du contexte économique favorable pour renforcer les capacités de rebond de l’économie. A l’échelle nationale, la BRI est favorable aux réformes structurelles, à l’allègement des contraintes qui pèsent sur les politiques monétaires et à la mise en place de cadres pour piloter les cycles financiers.
A l’échelle internationale, la BRI appelle à renforcer l’approche coordonnée de l’action publique – notamment dans les négociations sur les réglementations internationales – pour éviter que les autorités nationales ne cèdent à la tentation d’agir en unique défenseur de leurs secteurs financiers. «La dépendance persistante des banques aux financements à court terme en dollars, associée au degré élevé de concentration et d’interdépendance des marchés, souligne l’importance de la coopération prudentielle et de filets de sécurité efficaces», précise la BRI. Dans un plaidoyer en faveur de la mondialisation, la BRI estime que seule une coopération internationale étroite permettra de répartir plus harmonieusement les bénéfices de la mondialisation et de maîtriser les risques liés à l’interdépendance des économies.
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