« La BNS est prête à voir gonfler sa masse monétaire pour stabiliser le franc »
Elisabeth Cassagnes, responsable taux directionnel courbe chez La Française AM
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Violaine Le Gall
L’Agefi: Après sa rapide remontée, l’euro/dollar peut-il se stabiliser à son niveau actuel ?
Elisabeth Cassagnes : L’euro, monnaie fiduciaire (du latin fides pour confiance) est surtout frappée par une crise de confiance et s’est retrouvé en position d’attente autour de 1,38 dollar jusqu’au sommet européen du week-end dernier. Dès lors que la zone monétaire aura trouvé une solution globale et durable à ses difficultés, les acteurs du marché seront enclins à reprendre du risque euro dans leurs portefeuilles. Dans le cas contraire, le dollar refuge renouera tout d’abord avec son niveau d’équilibre de parité de pouvoir d’achat (eurodollar à 1,20, au niveau de juin 2010) et pourrait même, en fonction de l’aversion pour le risque, retrouver les niveaux de parité de 2002.
Combien de temps va durer l’ancrage du franc suisse à l’euro ?
La BNS a clairement énoncé sa politique le 6 septembre dernier, afin de limiter le franc fort, après avoir réitéré sa politique monétaire à taux zéro le 3 août. Elle fait «prévaloir ce cours plancher (1,20 franc pour un euro) avec toute la détermination requise et est prête à acheter des devises en quantité illimitée». La BNS est donc prête à voir gonfler sa masse monétaire (qui a déjà doublé depuis juillet) et à supporter les effets inflationnistes induits. La différence majeure avec les précédentes interventions en 2009-2010 se situe dans le consensus national autour de cette mesure et la BNS annonce même disposer de «mesures supplémentaires» (contrôle des capitaux par exemple). Le franc devrait donc rester stable encore quelques mois, le temps de restaurer la compétitivité des entreprises helvètes.
Kevin Warsh semble prendre un peu plus de distance avec le président Donald Trump à chaque sortie. Les marchés se montrent globalement convaincus, même si la baisse de l’inflation plus forte qu’attendue en juin a fait diminuer le risque d’avoir deux hausses de taux cette année.
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