La BCE ouvre les rachats à la majorité des covered bonds
Le programme de rachat, qui doit commencer ce mois-ci, ciblera plus de titres que celui lancé en 2009
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Violaine Le Gall
Depuis l’annonce de la reprise des achats des obligations sécurisées par la Banque centrale européenne, les spreads sur ces titres se sont légèrement détendus. L’indice iBoxx sur les covered bonds en euros s’est réduit de 4,7 points de base (pb) à 201 pb. Celui sur les titres français s’est resserré de 19 pb à 122 pb sur la même période. Baptisée CBPP2, la nouvelle initiative de la BCE, qui ne commencera ses emplettes que courant novembre, a donc redonné confiance aux investisseurs, alors que les rendements souverains ont continué de se tendre.
Afin de tenir compte des évolutions de marché depuis le premier programme de 2009, la BCE en a modifié les caractéristiques. Elle a ainsi abaissé la taille minimum des émissions auxquelles elle pourrait s’intéresser à 300 millions d’euros et a réduit le champ des notes acceptables, jusqu'à BBB-. «Dans l’ensemble, le CBPP2 s’est adapté à la nouvelle réalité du marché et semble plus flexible afin de soutenir les émetteurs de covered bonds les plus fragiles», explique Bernd Volk, stratégiste chez Deutsche Bank. Seules les obligations sécurisées émises par National Bank of Greece ne pourront pas être éligibles aux rachats de la BCE, relève SG CIB.
Mais la BCE n’a toujours pas donné de détails sur la répartition des rachats entre les banques centrales nationales. En reprenant le schéma utilisé en 2009, la Bundesbank pourrait être à l’origine de 25% des rachats, la Banque de France 19% et la Banque d’Italie de 16,4%. Les obligations sécurisées françaises pourraient être les principales bénéficiaires de la reprise du programme. Leurs spreads «sont très supérieurs aux spreads souverains, observent les stratégistes de SG CIB. Or, les banques centrales sont attentives aux opportunités en termes de valeur relative, donc ces titres ont une marge de progression». A titre de comparaison, les covered bonds italiennes ou espagnoles sont moins attractives, et les opportunités sont rares sur le marché allemand, ajoutent-ils.
Les stratégistes n’attendent pas des résultats miraculeux du nouveau programme. D’abord, le CBPP2, qui s'élève à 40 milliards d’euros, ne sera pas suffisant en cas d'écartement significatif des spreads souverains. Ensuite, compte tenu de la volatilité actuelle, il ne permettra pas un redémarrage franc du marché primaire. ING ne prévoit pas de réouverture du marché primaire pour les banques périphériques les plus fragiles.
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