KBC anticipe une perte au quatrième trimestre sur fond de dépréciations
La dégradation de certains CDO par Moody’s a conduit le bancassureur belge à passer 900 millions d’euros de provisions
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Antoine Landrot
Quand les banques finiront-elles par purger leurs portefeuilles d’actifs toxiques? Le bancassureur KBC, dont les comptes seront publiés le 12 février, anticipe une perte nette de 900 millions d’euros au quatrième trimestre. Cause de cet avertissement sur résultat: des provisions de même ordre de grandeur concernant des titres adossés à des créances (collateralized debt obligations, ou CDO). L’élément déclencheur a été les dégradations récentes effectuées par l’agence Moody’s sur les notes de plusieurs CDO. Or l’établissement belge était directement exposé à certains d’entre eux, ce qui l’a contraint à passer 300 millions d’euros de charges.
Mais les conséquences des modifications de Moody’s ne se sont pas arrêtées là: par mesure d’anticipation, l’application des modifications de rating à l’ensemble de son portefeuille de CDO (y compris ceux qui n’ont pas encore été dégradés) a conduit KBC à passer 300 millions d’euros supplémentaires. Enfin, un montant identique a été passé en raison d’un renchérissement des garanties financières émises par les assureurs crédits (dits monoline) sur ce type de titres, conséquence de l’action entreprise par l’agence de notation.
En début de mois, une autre agence, FitchRatings, avait dégradé la note à long terme de KBC de «AA-» à «A+». Cette décision reflétait le risque que faisait courir au bancassureur son exposition aux CDO, estimée à neuf milliards d’euros, en cas de dégradation supplémentaire des marchés financiers.
Le soulagement n’aura donc été que de courte durée pour KBC, dont le plan de recapitalisation de 3,5 milliards d’euros a été approuvé la semaine dernière par la Commission européenne. Décidé le 1er décembre, il avait été une première fois retoqué par Bruxelles. Ce qui avait conduit le groupe à supprimer la possibilité pour l’Etat belge de convertir ses titres en actions, en échange d’une rémunération revue à la hausse.
Malgré tout, les marchés ont plutôt bien réagi à l’avertissement sur résultat de KBC. Des analystes émettaient hier l’hypothèse que les investisseurs ont déjà anticipé de telles dépréciations. Ils estimeraient que désormais le pire est passé. Le titre s’est apprécié de 4%, clôturant la séance à 21,89 euros.
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