Il ne faut pas fuir un secteur parce qu’il est cyclique
Catherine Garrigues, responsable de la gestion actions européennes chez Allianz Global Investors France
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Bruno de Roulhac
L’Agefi: Pourquoi restez-vous à l’écart des financières?
Catherine Garrigues: Les banques ont un double problème: d’une part elles doivent procéder au dégonflement de leur bilan, ce qui passe par une restriction du crédit et l’accroissement de leurs fonds propres; d’autre part la fête est finie dans la très lucrative BFI. Le premier point prendra du temps: encore au moins un an d’après nos calculs. Ces renversements structurels arrivent dans une conjoncture très difficile, où le coût du risque augmente beaucoup et rapidement. On voit déjà une forte remontée des provisions sur le crédit à la consommation et sur celui aux entreprises. Enfin, ce secteur qui offrait traditionnellement un rendement élevé n’en offre plus en 2009 et le ratio de capitalisation rapporté aux fonds propres, bien que faible, n’est pas suffisant pour compenser l’absence de visibilité.
Quel pari jouez-vous en surpondérant l’industrie?
Les industriels qui ont profité du boom des dernières années sans commettre d’excès ont pris acte de la crise cet automne et ont pu adapter rapidement et massivement leurs niveaux de production et leurs stocks. La première partie de l’année risque d’être marquée par la poursuite de ce mouvement, ce qui rendra cette période très difficile pour les acteurs les plus faibles. Nous pensons qu’un nouveau cycle devrait apparaître en 2010 et que le milieu de l’année marquera une belle opportunité pour se positionner agressivement et à bon compte sur les vedettes de demain. D’ici là, nous adoptons la plus grande sélectivité. Il ne faut pas fuir un secteur parce qu’il est cyclique, mais plutôt les sociétés les moins bien armées pour affronter le bas de cycle.
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