«Il faut harmoniser la responsabilité des auditeurs en Europe»
Hans van Damme, qui succède aujourd’hui à Jacques Potdevin à la Fédération européenne des experts-comptables, expose sa vision du métier
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Florence Autret, à Bruxelles
L’Agefi: Quelle est votre priorité à la tête de la FEE?
Hans van Damme: Ces dernières années, nous avons été le point focal entre les institutions européennes, d’un côté, et la profession, de l’autre. J’aimerais aller au-delà et travailler avec d’autres parties prenantes : les entreprises, le secteur financier ou les acteurs du développement durable. Cela me paraît essentiel dans le contexte actuel.
Fallait-il procéder comme on l’a fait en suspendant la norme IAS 39 sur la valorisation des instruments financiers à leur juste valeur?
La norme n’a pas été suspendue, mais certains changements ont été opérés. L’IASB a travaillé avec beaucoup de diligence et de rapidité après avoir été interpellé par le G7. Quand toutefois la pression politique est montée au niveau européen mi-octobre, les décisions de l’IASB et des autorités européennes se sont enchaînées très rapidement, en ignorant totalement les autres parties prenantes. Cela ne devrait jamais se reproduire. Il faut évidemment pouvoir modifier une norme mais en respectant un juste processus de décision.
Quel est l’avenir de la comptabilisation à la juste valeur?
Le changement décidé, avec effet rétroactif, est exceptionnel. La norme, elle, reste intacte. Si l’IASB travaille sur de nouveaux critères d'évaluation des instruments financiers, ce processus va prendre du temps.
La FEE a beaucoup plaidé pour une limitation de la responsabilité des auditeurs. Vous êtes satisfaits de la situation actuelle?
Certains pays, dont la France, sont encore réticents. Mais le cercle de ceux qui limitent la responsabilité ou envisagent de le faire inclut désormais dix pays sur vingt-sept. La recommandation de la Commission de juin 2008 [qui encourage cette limitation] visait également à palier la concentration du marché de l’audit et le risque de la disparition d’un des Big Four. Elle ne le permet que partiellement. Les rapprochements transfrontaliers qui s’opèrent en ce moment afin de créer des réseaux beaucoup plus importants entre cabinets de taille moyenne voire petite, posent des problèmes de responsabilité transfrontalière. Une forme d’harmonisation s’annonce donc nécessaire. Cela sera un dossier pour la prochaine Commission.
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