A la COP 24 les investisseurs se mobilisent pour le climat
Un nombre record d’investisseurs internationaux, représentant 32.000 milliards de dollars d’actifs sous gestion, ont signé un appel à une action plus ambitieuse.
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Laurent Chemineau
dégâts causés par une tempête
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crédit UE CE / Philippe Hugen.
Les investisseurs mondiaux appellent les gouvernements à renforcer l’action pour réponde au défi climatique, ont indiqué, lundi, plusieurs organisations comme l’Unep Finance, CDP et PRI. Un total de 415 investisseurs, un nombre record, représentant 32.000 milliards de dollars d’actifs sous gestion, a signé cet appel intitulé Déclaration des investisseurs mondiaux aux gouvernements sur le changement climatique 2018, selon ces organisations.
Cette déclaration est publiée dans le contexte de la grande conférence annuelle de l’ONU sur le climat (COP 24) qui a entamé, lundi 10 décembre, sa deuxième semaine de travaux à Katowice (Pologne). Les signataires attendent des grands dirigeants qu’ils renforcent les «contributions prévues déterminées au niveau national», ces stratégies de lutte contre les dérèglements climatiques qui devront permettre d’atteindre les objectifs de l’accord de Paris de 2015 (réchauffement global contenu en dessous de 2 degrés Celsius voire même 1,5 degré). Il s’agit de mettre en oeuvre des politiques qui favorisent la transition du monde vers une économie bas carbone.
Cette déclaration intervient alors qu’un récent rapport des Nations Unies montre que les pays doivent tripler leurs efforts pour respecter leurs engagements dans le cadre de l’accord de Paris.
Pour y parvenir, l’appel des investisseurs met l’accent sur trois priorités: respecter les objectifs de l’accord de Paris; accélérer l’investissement du secteur privé dans la transition bas carbone; et s’engager à améliorer le reporting financier lié au climat.
Des précisions supplémentaires sont évoquées dans une note parallèle également destinée aux dirigeants. Parmi les politiques spécifiques, les investisseurs demandent aux gouvernements d’ «arrêter les centrales à charbon», de «fixer à un niveau significatif le prix du carbone» et de «supprimer les subventions aux énergies fossiles».
Ces professionnels soulignent également le «manque d’ambition», dénoncé par les Nations Unies, entre les engagements actuels des gouvernements et ce qui est requis pour atteindre les buts de l’accord de Paris et ainsi assurer la transition nécessaire vers une économie bas carbone.
Ils expriment leur «grande préoccupation» concernant ce manque, soulignant les conséquences d’une «hausse élevée inacceptable de la température» et de ses «impacts économiques négatifs substantiels».
Parmi les signataires, Schroders souligne que, sans action de plus grande ampleur, la température augmentera d’environ 4 degrés, entraînant 23.000 milliards de pertes économiques sur les 80 prochaines années. L’ampleur de ces dommages économiques irréversibles représenteraient trois à quatre fois l’impact de la crise financière mondiale de 2008, et continuerait de s’aggraver.
Parmi les signataires de l’appel, on compte quelques uns des plus grands fonds de pension du monde, gérants d’actifs, compagnies d’assurance, organisations confessionnelles, trésors et contrôleurs publics, fonds de capital risque notamment.
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