Dow Chemical subit l’abandon d’un projet de coentreprise koweitienne
Sur fond d’environnement économique incertain, le groupe américain perd une source de liquidités pour financer le rachat de Rohm & Haas
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Benoît Menou
Le gouvernement koweitien a fait part hier dimanche de l’annulation d’un accord en vue de la création d’une coentreprise entre le groupe chimique américain Dow Chemical et deux sociétés publiques locales, Kuwait Petroleum Corp et Petrochemical Industries Co (PIC). La coentreprise aurait reçu le nom de «K-Dow». L’agence de presse officielle Kuna a annoncé que le Conseil supérieur du pétrole avait décidé d’annuler l’accord à l’issue d’une réunion présidée par le Premier ministre, le cheikh Nasser al-Mohammad al-Sabah.
Le groupe chimique américain s’est déclaré par le biais d’un communiqué «extrêmement déçu» et a annoncé étudier toutes les options envisageables suite à la rupture de l’accord. Les autorités koweitiennes ont assuré ne pas déroger à leurs obligations réglementaires en renonçant à l’accord.
Pour autant, Dow Chemical a soutenu ne pas renoncer à sa stratégie de développement dans la région du Golfe Persique. L’annulation du projet constitue un revers de taille pour Dow Chemical, qui comptait bien par cet intermédiaire rembourser une large part de la dette de 13 milliards de dollars à laquelle il devra faire face une fois finalisée l’acquisition de son rival Rohm & Haas, probablement début 2009.
Cette coentreprise, qui devait entrer tout prochainement en activité, avait suscité l’opposition d’une partie du Parlement koweitien, sur la base de craintes quant à la viabilité d’une telle structure au regard du développement de la crise financière et du repli des ventes du secteur pétrochimique. De fait, Dow Chemical a d’ores et déjà annoncé ce mois-ci la suppression de 5.000 postes, soit 11% de ses effectifs, ainsi que la cession de certaines activités.Selon les termes de l’accord conclu ce mois-ci, PIC devait verser la somme de 7,5 milliards de dollars pour faire union avec le principal groupe chimique américain, en l’occurrence pour prendre le contrôle de la moitié de l’activité de plastiques de base du groupe américain. Un rapprochement qui faisait partie des ambitions stratégiques de Dow Chemical de réduire son exposition à la nature cyclique des produits chimiques de base. La valeur totale de la coentreprise avait ce mois-ci déjà été revue à la baisse, de 8% à 17,4 milliards de dollars, au regard du climat économique incertain qui avait incité le Koweit à demander une baisse de sa contribution au projet.
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