Berlin réactive le fonds d’aide aux banques avec des compétences élargies
Dans sa nouvelle version, le SoFFin accepte désormais aussi de reprendre à son compte les dettes souveraines détenues par le secteur
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Lothar Gries, à Francfort
Dans leur quête de fonds propres les banques allemandes, en premier lieu Commerzbank, la plus fragile, pourront bientôt compter sur le soutien de l’Etat. Comme prévu le conseil des ministres du gouvernement allemand a décidé hier de réactiver à compter de février ou mars prochain le fonds public d’aide au secteur bancaire, SoFFin, tout en élargissant ses compétences.
Selon le projet de loi, «SoFFin 2» permettra désormais aux banques de transférer sous son toit, outre les actifs toxiques, leurs obligations publiques, à condition de les placer auparavant dans des structures de défaisance. Une mesure parfaitement adaptée aux besoins de Commerzbank, la seconde banque du pays, qui doit rassembler 5,3 milliards d’euros de fonds propres supplémentaires d’ici à juin prochain.
Selon les analystes, Commerzbank pourra désormais transférer les emprunts d’Etat détenus par sa filiale Eurohypo vers une «bad bank» et les placer ensuite auprès du SoFFin. Selon les propres calculs de la banque, cette transaction lui permettrait de libérer quelque 5 milliards d’euros de fonds propres. Commerzbank n’a pas voulu commenter les spéculations sur l’avenir de sa filiale, mais à la Bourse de Francfort son cours a gagné 5,23%.
Parmi les autres nouveautés du projet de loi figure le renforcement des pouvoirs de l’autorité allemande des marchés financiers, la Bafin. Elle est désormais autorisée à intervenir dès que la stabilité du système financier est en danger et que le niveau de fonds propres des banques est jugé insuffisant, et non plus, comme auparavant, lorsque l’existence d’un établissement est menacée. La Bafin pourra demander à la direction d’une banque de lui présenter des projets de recapitalisation. Pour le cas où une banque refuse de suivre ses recommandations, l’Autorité bancaire disposera même d’un droit de veto dans les réunions du directoire d’un établissement menacé.
La Fédération allemandes des banques privées, BdB, a salué la remise en route du SoFFin, parlant d’un «signal de confiance à destination des marchés financiers».
Créé au milieu de la crise financière de 2008, le SoFFin demeure doté de moyens conséquents, à hauteur de 80 milliards d’euros d’aides en capital et de 400 milliards de garanties sur des actifs. Ses réserves sont loin d'être épuisées car à ce jour seulement 25 dossiers ont été étudiés. Parmi les principaux établissements aidés figurent IKB, Commerzbank, Hypo Real Estate et WestLB.
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