Banques et autorités grecques se rapprochent d’un accord informel
Les négociations sur la participation du secteur privé au deuxième plan de soutien à la Grèce ont repris hier à Athènes. Selon plusieurs sources proches des négociations, elles s’orientaient vers un coupon de 4,5% en moyenne (variable selon les tombées) pour les nouvelles obligations qui seront échangées contre les titres actuels. «La perte de valeur actuelle nette (VAN) serait de 65 à 68 cents par euro», a indiqué mercredi à L’Agefi une source grecque. A cela s’ajoute une compensation en liquide de 15 centimes par euro, ce qui ramène effectivement le coût pour les créanciers privés participants à 50 cents par euro.
Cité par Bloomberg, le dirigeant de Marathon Asset Management, un fonds faisant partie du comité de 32 créanciers formé en octobre après la nouvelle décision de restructuration, a indiqué le chiffre de 68 % de perte de VAN. La maturité des nouveaux titres et le régime juridique restent également en discussion.
Si les négociations entre représentants des créanciers et le gouvernement grec aboutissent cette semaine, l’offre des autorités grecques devrait être soumise le 23 janvier aux ministres des Finances de la zone euro réunis à Bruxelles. «Si l’Eurogroupe et le FMI sont d’accord, alors le gouvernement pourra faire une proposition ferme», indique cette source. Reste à savoir quel succès remporterait l’offre d'échange qui porte sur 208 milliards d’euros. Six semaines sont nécessaires pour boucler l’accord à partir de la publication de l’offre.
Le Conseil européen d’octobre exige une participation «proche de 100%». Or les hedge funds qui ont racheté récemment un montant indéterminé mais important d’obligations grecques à très bas prix pourraient être tentés de ne pas participer. Le gouvernement grec a menacé d’activer rétroactivement des clauses d’actions collectives si le taux de participation ne s’avérait pas suffisant.
Les Européens sont partagés entre ceux qui considèrent qu’il est prioritaire de mettre en œuvre cette participation, quitte à se montrer souple sur les conditions, comme la France, et ceux qui estiment comme le FMI ou l’Allemagne que l’objectif final, le retour de la Grèce à la solvabilité, ne doit pas être perdu de vue, ce qui suppose une réduction substantielle de la dette.
L’accord sur la participation du secteur privé est nécessaire pour boucler le deuxième plan d’aide et permettre par la suite à la Grèce d’honorer les 14,5 milliards d’euros de tombées obligataires attendues en mars.
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