Aux Etats-Unis, la frilosité bancaire affecte les opérations de taille moyenne

Les fonds de private equity attendent un dégel du marché de la dette pour investir davantage leurs importantes liquidités
Yves-Marc Le Réour

Des rapprochements freinés par le blocage du marché de la dette. C’est le constat effectué en cette fin d’année par la banque d’affaires Close Brothers et son partenaire américain Harris Williams, après s’être penchés sur les opérations de fusions-acquisitions comprises entre 25 et 500 millions de dollars en Amérique du Nord. Ce type d’opérations a retrouvé ses niveaux de 2004, avec un peu plus de 350 opérations sur chacun des trois derniers trimestres pour une valeur totale proche de 47 milliards de dollars par trimestre.

Depuis début 2008, une forte chute des multiples d’acquisition sur les transactions de petite taille (moins de 250 millions de dollars) a également été constatée, tandis que «les multiples des sociétés de taille moyenne ont bien résisté jusqu’ici». Cette disparité s’applique également aux volumes d’opération des différents secteurs d’activité, la technologie, la santé et l’énergie ayant bien mieux tiré leur épingle du jeu que l’automobile, la construction ou la distribution au troisième trimestre.

Le quatrième trimestre devrait révéler «une détérioration importante liée à la disparition du financement bancaire et à une grande sélectivité des investisseurs», estime George Elliston, associé-gérant chez Close Brothers. Cette prudence a entraîné un rallongement du temps nécessaire à la conclusion des transactions, passé d’environ six mois en 2007 à près de neuf mois désormais, «les vendeurs participant plus fréquemment à la structure de financement». Les investisseurs ont également été conduits à investir davantage en capitaux propres qui représentent près de 45% de la valeur des transactions aux Etats-Unis au troisième trimestre contre une moyenne de 33% au cours de l’année 2007.

Cette tendance est d’ailleurs liée à l’influence des fonds de private equity sur le marché des fusions-acquisitions, ceux-ci ayant des montants significatifs à investir puisqu’ils détenaient près de 429 millions de dollars de liquidités au 30 septembre dernier contre 307 millions à fin décembre 2007. Les fonds de LBO vont donc avoir la possibilité de rembourser certains de leurs investisseurs, prendre des participations minoritaires ou racheter des sociétés cotées en profitant des faibles valorisations. «Ceci passera par une amélioration préalable du marché de la dette», conclut-on chez Close Brothers.

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