Après l’Allemagne, la France devra encore abaisser sa prévision de croissance
Comme en octobre dernier, l’Allemagne a réduit ses perspectives de croissance avec quelques semaines d’avance sur la France. Le produit intérieur brut (PIB) ne devrait progresser finalement que de 0,7 % cette année outre-Rhin contre une hausse de 1 % anticipée il y a trois mois, a annoncé hier le ministre de l’Economie Philipp Roesler. En 2011, l’Allemagne a enregistré un fort taux de croissance, de 3%, mais l’activité s’est déjà tassée au quatrième trimestre. Le PIB a baissé de 0,25%, selon les premières estimations.
Epargné par les agences de notation, le pays n’est pourtant pas immunisé contre la crise de la zone euro. Compte tenu de la situation de ses partenaires commerciaux européens, le commerce extérieur est attendu en baisse de 0,3 % cette année, après une contribution positive de 0,8% en 2011. Les exportations augmenteront de 2% tandis que les importations grimperont de 3%, a précisé le ministre.
A son tour, le gouvernement français devrait ajuster ses prévisions début février, dans le projet de loi de Finances rectificative, d’après une source gouvernementale citée par Reuters. Pour le moment, le budget pour 2012 est basé sur une hypothèse de croissance de 1%. Mais les économistes et les organisations internationales prévoient déjà une évolution inférieure, voire une contraction du PIB sur l’année. Le scénario pour 2013 devrait également être revu. Il prévoit pour le moment une hausse de 2% du PIB, contre un taux de 1,6% à présent anticipé outre-Rhin.
Afin de soutenir le marché de l’emploi et d’améliorer la compétitivité de la France, en particulier face à l’Allemagne, le président Nicolas Sarkozy a annoncé hier une série de mesures pour un total de 430 millions d’euros à l’issue d’un sommet social. Portant sur le développement de l’activité partielle, l’embauche des jeunes et la formation des chômeurs, elles seront compensées par des réductions. Le président attendra en revanche fin janvier pour rendre ses décisions sur une hausse de la TVA et l’introduction d’une TVA sociale, en échange d’une baisse des charges patronales.
Si une telle mesure avait eu un effet positif en Allemagne en 2007, la situation de la France est aujourd’hui différente. L’Allemagne avait déjà une position concurrentielle solide alors que, dans la situation économique actuelle de la France, une telle décision pourrait à court terme freiner la consommation, le moteur de la croissance hexagonale.
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