Analystes et gérants veulent une meilleure connexion de l’ESG et du financier
La Société française des analystes financiers (Sfaf) dévoilait ce matin la troisième édition de son baromètre ESG, qui permet de suivre l’évolution des pratiques des analystes et des gérants membres de la Sfaf en matière d’analyse et d’intégration ESG dans la gestion.
L’usage des informations extra-financières est désormais la norme, seuls 4% des répondants ne s’en servent que rarement (13% en 2019). Analystes et gérants utilisent d’abord les données fournies par les entreprises (80%) et de plus en plus celles des agences de notation extra-financières (60%, contre 45% en 2018). Cette démarche d’évaluation de la performance globale des émetteurs est aussi liée à l’engagement propre de chaque société de gestion (38% contre 20% en 2018). Des sociétés de gestion de plus en plus engagées, avec l’implication de la direction sur les sujets ESG (77%), la formation des équipes à l’analyse extra-financière (56%), ou encore la mise en place d’un process de contrôle ESG (46%, contre 27% en 2019).
Contrôles renforcés
«Ce développement des process de contrôle va encore se renforcer, avec les labels, qui nécessitent des contrôles spécifiques, et avec la réglementation, anticipe Martine Léonard, présidente de la commission analyse extra-financière de la Sfaf. Il est très important d’impliquer les équipes dans ces choix ESG». Par ailleurs, l’article 29 de la loi énergie-climat de novembre 2019 impose plus de contraintes de reporting aux sociétés de gestion, ajoute Martine Léonard, invitant à surveiller sa mise en place.
Pour les répondants, les principaux risques sont l’éthique des affaires (83%), le climat (79%), les droits humains (61%), tandis que la cybersécurité (40%) n’arrive qu’en sixième position. Ils sont 60% à estimer que la taxonomie européenne facilitera la sélection des valeurs, mais un tiers reste dans l’expectative.
L’analyse ESG intervient au même stade que l’analyse financière, aussi bien au niveau de la sélection des titres (76%) que de la valorisation des entreprises (42%). Les répondants intègrent prioritairement dans leur analyse ESG, les controverses (66%), la résilience du business model, l’évolution du score ESG (56%) et aussi des prévisions sur les critères ESG (11%). «Il nous semble important que la profession s’accoutume à réaliser des prévisions sur ces critères ESG», poursuit Martine Léonard. Près de la moitié des analystes et gérants utilisent le score ESG des agences de notation extra-financières, mais 44% d’entre eux retravaillent ce score ESG.
Malgré la maturité des pratiques, les freins à l’analyse extra-financière restent nombreux : problème de fiabilité des données (63%), absence de définition homogène (59%) et de standard commun (53%), et le manque de compétences monte cette année (20%, contre 6% en 2018).
Les émetteurs ont également des défis à relever. Analystes et gérants leur demandent de mieux connecter informations ESG et financières (51%) et de présenter une vision prospective des enjeux ESG (51%). Avec pour objectif final de ne plus avoir de frontière entre financier et extra-financier.
Enfin, la digitalisation des données ESG est une avancé pour un répondant sur deux. Elle permettra de faciliter le traitement des données et leur contrôle, de mieux comparer les données des émetteurs, et pourrait permettre de faire le lien avec l’analyse financière.
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