Alain Demarolle choisit Paris pour lancer son fonds alternatif
Un hedge fund qui se crée en France, le fait est assez rare pour être signalé. Alain Demarolle, ancien conseiller économique à Matignon, qui vient de passer trois ans à Londres chez Eton Park, a choisi Paris pour lancer son fonds alternatif spécialisé sur les grandes capitalisations européennes. Sicav enregistrée au Luxembourg, Alura Capital Partners a démarré ses activités début octobre, avec des clients tels que CNP Assurances, OFI AM ou la banque privée suisse JP Hottinguer.
Pourquoi la capitale française et pas britannique? «La concentration des fonds alternatifs à Londres fait que tout le monde se retrouve à jouer les mêmes opportunités, ce qui n’est pas toujours un facteur de performance», répond Alain Demarolle. Le dirigeant met aussi en avant la forte base d’investisseurs institutionnels en Europe continentale, auprès desquels il entend faire valoir son statut de fonds de droit européen, par rapport au modèle offshore dominant à Londres.
Alain Demarolle juge enfin que Paris n’a pas à faire de complexe d’infériorité vis-à-vis de sa voisine britannique : «le processus d’agrément et de régulation est parfaitement défini, la qualité de service des brokers et contreparties est excellente, et je ne suis pas certain que la fiscalité des personnes pour les équipes de gestion soit moins favorable, même si les charges sociales sont plus élevées en France».
Alura Capital intervient en suivant des stratégies long/short ou event driven. «L’analyse des procédures de décision publique et de politique macro-économique font partie intégrante de notre procédure d’investissement», précise Alain Demarolle. Un positionnement qu’Alura cherche à vendre auprès des investisseurs américains, alors que ses clients se divisent pour moitié entre la France et le reste de l’Europe.
Le fonds, à liquidité mensuelle, compte une vingtaine de positions. Il s’appuie sur Morgan Stanley et UBS, comme prime brokers, et la Banque Edmond de Rothschild, en tant que dépositaire. Son horizon de détention est plutôt de 6 mois, avec un effet de levier limité, de 200% au maximum. «Alura est un fonds actif, à l’exclusion de toute approche activiste ou agressive: il est important pour nous de nouer une dialogue de qualité avec les sociétés au capital desquelles nous investissons», souligne Alain Demarolle. En vitesse de croisière Alura Capital espère atteindre les 500 millions d’euros d’encours.
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