Bercy veut limiter les frais dans le capital-investissement
Le gouvernement pourrait bientôt obliger les professionnels du capital-investissement à être moins gourmands. Un projet de décret qu’a pu consulter L’Agefi propose de plafonner les frais et commissions ponctionnés par les sociétés qui gèrent des mandats, des holdings ou des fonds (FCPI et FIP) et qui permettent à leurs investisseurs de bénéficier d’une réduction d’impôt sur la fortune (ISF).
La mesure a été introduite dans le budget rectificatif de 2015 par les sénateurs. Ceux-ci se sont appuyés sur l’analyse de l’Inspection générale de finances (IGF) qui, en 2009 et 2010, avait estimé que le montant des frais prélevés par les sociétés de gestion de fonds et holdings représentait en moyenne 38% de l’investissement initial sur huit ans. Des obligations de transparence ont certes été mises en place mais elles ne se sont pas traduites, selon les parlementaires, par une baisse des frais.
Le projet de décret, qui devrait «en principe être signé dans les prochains jours » selon Bercy plafonne les frais et commissions directs et indirects à 30% des versements ayant donné lieu à une réduction d’impôt. «On espère qu’il y aura une vraie diminution des frais tout en ne mettant pas en péril l’équilibre de ces acteurs», indique-t-on au ministère. Ciblant plus spécifiquement les mandats de gestion, le projet prévoit que les frais imputés aux entreprises investies sont soumis à un sous-plafond de 5%. Enfin, il limite les frais à 12% les trois premières années après le versement et à 3% pour les suivantes. De quoi changer aussi les pratiques pour les conseillers en investissement participatifs également concernés. «Il faut que chacun y trouve son compte, si les frais sont trop bas, je crains que les distributeurs y voient moins d’intérêt», met en garde Jean-David Haas, directeur général de la société de capital-investissement NextStage AM. «Ce qui est sûr c’est que cela va baisser les frais de 20% à peu près, ce qui est plutôt bien pour nos clients investisseurs», estime-t-il cependant.
«Je pense qu’on va rester à peu près sur les mêmes niveaux de frais aujourd’hui mais cela risque d’être plus compliqué à gérer», réagit Florence Moulin, associée chez Jones Day. L’avocate, qui estime que la mesure nuira surtout aux petits fonds, argue que certains frais, comme ceux des due diligence, sont difficilement quantifiables à l’avance. Résultat : «Le risque c’est qu’à force de mettre des limites un peu partout, soit les fonds se concentrent sur des dossiers d’investissement extrêmement simples, soit ils réduisent les due diligence qu’ils feraient naturellement sur une société.»
Plus d'articles du même thème
-
L'AMF fait évoluer les règles de liquidité des FCPR evergreen
L'Autorité des marchés financiers indique que les FCPR evergreen non agréés au titre du règlement Eltif peuvent avoir un coussin de liquidité correspondant au minimum à 25% de l'actif net si la fréquence de rachat est mensuelle, contre 30 à 40% auparavant. -
Le fonds souverain norvégien engage 1,5 milliard d’euros dans la logistique
Norges Bank Investment Management a signé un partenariat stratégique avec Ares pour renforcer ses investissements dans cette classe d’actifs. -
Turenne Groupe entre au capital d’Aircraft Cabin Leader
Le fonds Nov Relance Impact réalise son dernier investissement avec un ticket de plus de 10 millions d'euros pour un spécialiste français de la maintenance aéronautique, confirmant la vitalité du secteur.
ETF à la Une
La collecte des ETF obligataires bondit de 60% début octobre en Europe
- Les fonds de private equity réduisent leurs commissions pour attirer les investisseurs
- Pascal Christory (BNP Paribas Asset Management Alts) : « Nous disposons de plusieurs leviers pour accélérer »
- Circet échoue dans son plan de refinancement de 3 milliards d’euros
- Tikehau cherche à s'adjoindre un nouveau partenaire stratégique
- KKR se voit accusé d’avoir induit en erreur l’antitrust européen lors du rachat de Netco
Contenu de nos partenaires
-
Plein gazUne « décision pragmatique » : Andy Burnham autorise un gisement gazier contesté en mer du Nord
A l’approche du budget, le Premier ministre travailliste veut envoyer un signal fort aux entreprises. -
Bas de laineL'épargne des Français victime de la crise du pouvoir d'achat
Selon les économistes de la BPCE, les placements financiers des Français encaissent un double choc : la hausse des taux et la baisse du pouvoir d'achat -
Résidents de la RépubliqueMichaël Delafosse : « LFI se complaît à légitimer la violence et le désordre »
Pour le maire PS de Montpellier, soutien de Raphaël Glucksmann, « la gauche doit continuer de défendre les forces de l’ordre », sans trembler lorsqu’il s'agit de sanctionner des agents qui manquent à leur devoir d’exemplarité