L’Eurogroupe décide de renvoyer la troïka à Athènes
En dépit du flou qui continue d’entourer la mise en œuvre du programme de réforme en Grèce et la soutenabilité de sa dette, les représentants de ses créanciers publics retourneront mardi 8 mars à Athènes.
«Le travail de préparation suffisant a été fait, mais il reste beaucoup de travail », a expliqué le président de l’Eurogroupe Jeroen Dijsselbloem.
Les créanciers publics de la Grèce continuent de spéculer autour de la soutenabilité de sa dette, faute d'éléments précis sur l’impact budgétaire des réformes promises lors de la négociation de l'été dernier. Bruxelles exige un «paquet» d'économies récurrentes de 2,5% du PIB provenant principalement de la réforme des retraites (1%) et des recettes de l’impôt sur le revenu (1%)... sans parvenir à obtenir de garanties du gouvernement Tsipras. De surcroît, le Fonds monétaire international le juge toujours insuffisant pour garantir la soutenabilité de la dette hellénique.
D’où de nouvelles demandes européennes. «Les réformes doivent être encore plus profondes mais le service de la dette fera partie de la solution», a expliqué Jeroen Dijsselbloem. Et de faire un pas en direction du FMI en assurant : « nous ferons le nécessaire pour rendre le service de la dette gérable », a-t-il dit. Même si la réduction de la dette ne fait pas officiellement partie de la conclusion de la première revue, « elle lui est liée ».
La négociation va donc se poursuivre à deux niveaux. Avec le gouvernement Tsipras pour chiffrer et préciser les réformes, y compris la création du fonds de privatisation et le traitement des prêts non performants. Entre les Européens et le FMI pour définir le bon «mix» entre économies budgétaires et allégement de la dette.
Le retour de la troïka à Athènes doit également permettre de préparer des négociations en marge de la prochaine assemblée générale du FMI du 15 au 17 avril. Mais l’horizon de la Pâques grecque, le 1er mai, évoqué par le commissaire Pierre Moscovici lors d’un précédent Eurogroupe, n’a pas été confirmé. Le directeur général du mécanisme européen de stabilité, Klaus Regling, a assuré que la première revue serait terminée «bien avant» que la Grèce ait à nouveau besoin de tirer sur la ligne de crédit européenne. Le MES a déboursé depuis septembre 21,4 milliards, soit un quart des fonds promis dans le cadre du troisième programme.
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