Vivendi veut entrer par la porte du conseil chez Ubisoft
Vivendi ne lancera pas d’offre publique sur Ubisoft dans les six prochains mois, mais le groupe de médias ne se prive pas de faire monter la pression sur l’éditeur de jeux vidéo.
Dans la dernière déclaration d’intention transmise à l’Autorité des marchés financiers la semaine dernière, Vivendi annonce envisager « de demander une recomposition du conseil d’administration d’Ubisoft Entertainment en vue, notamment, d’y obtenir une représentation cohérente avec sa position actionnariale ». Il ne précise pas le nombre d’administrateurs qu’il souhaiterait obtenir. Le conseil d’Ubisoft est actuellement composé de neuf membres, dont cinq représentants de la famille Guillemot, fondatrice de la société et détentrice d’un peu moins de 10% du capital. Vivendi détient pour sa part 17,73%.
L’intention du groupe n’a pas surpris sa cible. « Cette déclaration confirme la stratégie habituelle de contrôle rampant du groupe Vivendi, qui annonce qu’il n’a pas l’intention de prendre le contrôle de la société Ubisoft tout en augmentant régulièrement sa participation et en préparant une offensive lors de la prochaine assemblée générale », a réagi l’éditeur de jeux. Cette AG devrait se tenir à l’automne, Ubisoft ayant un exercice décalé.
Un dialogue de sourds entre les deux protagonistes
Devenu premier actionnaire de Telecom Italia, Vivendi a récemment renversé le directeur général de l’opérateur de télécoms après avoir fait entrer quatre représentants à son conseil d’administration. Vincent Bolloré, premier actionnaire et président du conseil de surveillance de Vivendi, avait déjà employé cette méthode avec succès dans le passé chez Havas.
Selon Ubisoft, « cette stratégie qui consiste à annoncer successivement des intentions contradictoires est contraire aux bonnes pratiques corporates et est contraire à l’intérêt des actionnaires d’Ubisoft ». Le groupe regrette également « qu'à ce jour, malgré ses demandes écrites répétées », Vivendi « n’a pas été en capacité de présenter un plan détaillé et convaincant des coopérations qu’il promet depuis son entrée au capital ».
Dans sa déclaration d’intention, Vivendi affirme pourtant vouloir établir une collaboration fructueuse avec Ubisoft. Le dialogue de sourds se poursuit.
Plus d'articles du même thème
-
La communication financière passe par un récit stratégique créateur de valeur
Aux émetteurs de faire preuve de plus de transparence, notamment sur leur guidance et sur leur plan stratégique, et en publiant le consensus des analystes. Des réponses nécessaires à des investisseurs plus exigeants. -
Sandrine Johnson (CRPN) : « Ne touchons pas à ce qui fonctionne »
Sandrine Johnson dirige la CRPN, le régime de retraite complémentaire obligatoire des pilotes, hôtesses et stewards. Les contraintes des métiers de navigant impliquent un âge de départ à la retraite plus précoce que celui d'autres régimes. La directrice générale détaille sa gouvernance, sa gestion, les évolutions possibles et la tournée prévue auprès des candidats à l'élection présidentielle pour défendre son modèle. -
Malakoff Humanis prendra début novembre les «décisions nécessaires» sur sa gouvernance
Le conseil d'administration du groupe de protection sociale reconnaît que la confiance envers le directeur général Thomas Saunier «est ébranlée».
ETF à la Une
Amundi renforce son offre d’ETF thématiques
- Danfoss réussit une émission obligataire malgré la cyberattaque en France
- Eutelsat bondit en Bourse alors que Starlink réduit ses services en Ukraine
- Ledger fait face à une cyberattaque d'un nouveau genre sur la blockchain
- L’exposition à géométrie variable des banques françaises au risque souverain
- Les marchés monétaires recommencent à inquiéter en zone euro
Contenu de nos partenaires
-
Budget 2027 : une mesure limitant l'optimisation fiscale des plus fortunés votée par les députés
D’après l’exécutif, la réforme, adoptée de justesse vendredi 16 octobre au soir, devrait rapporter 500 millions d’euros en 2027 -
Mouvement du 17 octobre : le cortège s'est élancé à Paris, où des tensions sont à noter, ainsi qu'à Lyon et Marseille
En milieu d’après-midi, sur l’ensemble du territoire national, on comptait 272 interpellations en raison des débordements. Un poste de police municipal a été attaqué à Marseille. Dans la capitale, la manifestation principale s'est élancée depuis la place de la République, à 14 heures. D’autres mobilisations ont lieu en France, dont à Rennes, Nancy et Strasbourg -
Etats-Unis : Katie Zacharia rapidement évincée après avoir été nommée porte-parole de la Maison Blanche
Selon la presse américaine, la nouvelle porte-parole de Donald Trump n’était pas avocate, en dépit de ce qu’elle affirmait. « Je lui ai dit : 'Honnêtement, si j'étais vous, je reconsidérerais [la situation] », a indiqué le président américain