Telefonica s’invite avec succès sur le marché de la dette à long terme
Evénement rare sur le marché obligataire primaire, le placement à dix ans d’un emprunteur périphérique ne passe pas inaperçu. L’opérateur télécoms espagnol Telefonica a ainsi tenu le haut de l’affiche hier en levant 1,5 milliard d’euros à des conditions très avantageuses. Les nouvelles obligations ont été émises à un spread supérieur de 230 points de base (pb) au taux mid-swap, en dessous de l’indication de prix initiale (+250 pb). Le carnet d’ordres a dépassé les 10 milliards d’euros dans le cadre de cette opération menée par CaixaBank, Goldman Sachs, Mizuho, RBS, Santander et UniCredit.
«L'émetteur se raccorde à un environnement favorable et sécurise un financement à long terme tant que le fer est chaud, et il le restera probablement», souligne Suki Mann, stratégiste crédit chez Société Générale. «Il n’y a pas assez d’offre et une demande énorme», ajoute-t-il.
Il s’agit de la troisième émission seulement sur ce type de maturité de la part d’un emprunteur corporate périphérique depuis le début de 2012, les deux premiers étant SNAM en septembre et Enel le mois suivant. En 2011, il n’y avait eu que deux opérations similaires (Terna et là encore Enel), selon les données de SocGen. Les investisseurs montrent ainsi leur appétit pour des actifs plus risqués.
Selon l’indice établi par Bank of America Merrill Lynch et couvrant les émetteurs non financiers de la périphérie de la zone euro, le spread relatif pour cette catégorie d’emprunteurs est à son plus bas depuis juillet 2011. Le profil de Telefonica a égalemen rassuré. Le coût du credit default swap (CDS), qui protège le porteur contre un risque de défaillance, a chuté à un plus bas de 18 mois, ressortant à 206 pb contre un niveau record de 572,5 pb en juin. Le groupe, noté BBB par S&P, s’est engagé dans une série d’efforts pour réduire sa dette.
Toujours sur le marché obligataire en euro, la banque espagnole Banco Popular et sa consœur portugaise Banco Espirito Santo (BES) ont également levé des fonds. La première a récolté 750 millions d’euros via l'émission de titres à trente mois, tandis que la seconde a placé à 4,90% quelque 500 millions d’euros de titres à cinq ans. BES avait rouvert le marché en octobre pour les banques portugaises avec le placement de 750 millions d’euros à trois ans.
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