Telefonica réfléchit à alléger sa dette pour s’aligner avec le secteur
Entre le rachat d’E-Plus en Allemagne, puis celui de GVT au Brésil et le projet de cession d’O2 en Grande-Bretagne à Hutchison, dont l’aboutissement est attendu en 2016, Telefonica a été l’un des opérateurs de télécoms les plus actifs de ces douze derniers mois.
Mais cette agitation a un prix: la dette. L’opérateur espagnol reste l’un des plus endettés de son secteur. «Avec un ratio de dette nette sur Ebitda de 3 fois, contre une moyenne sectorielle de 2 à 2,2 fois, Telefonica est dans une position stratégique fragile sans flexibilité financière», résumaient récemment les analystes télécoms de Raymond James. Une inquiétude partagée par HSBC, même en comptabilisant pour moitié en fonds propres les 5 milliards d’euros de dette hybride émise par le groupe.
Ce handicap, les dirigeants de Telefonica l’ont visiblement à l’esprit. Selon le journal El Confidencial, le groupe espagnol aurait mandaté JPMorgan pour réfléchir à une augmentation de capital dont le montant pourrait osciller entre 4 et 5 milliards d’euros. Lors de l’annonce à l’été 2014 du rachat de GVT auprès de Vivendi, Telefonica avait indiqué qu’une partie de l’opération serait financée via un appel au marché pour limiter les conséquences sur la dette d’une acquisition de 7,45 milliards d’euros. A l'époque, le montant était annoncé à 3,4 milliards d’euros. Ce niveau paraît aujourd’hui insuffisant selon de nombreux analystes pour véritablement redonner du souffle à Telefonica.
En lançant cette augmentation de capital de 4 à 5 milliards regagnerait de la marge alors que les marchés sur lesquels opère Telefonica, l’Europe et le Brésil, n’ont pas encore achevé leur mouvement de concentration. Hier, Marco Patuano, l’administrateur délégué de Telecom Italia, a ainsi rappelé que la guerre des prix à laquelle se livrent les opérateurs télécoms en Europe encourage la consolidation du secteur, et que seuls quelques acteurs, bénéficiant d’une position financière solide, devraient en profiter. Le renforcement d’Orange en Espagne, avec le rachat de Jazztel, pourrait par exemple accroître la pression tarifaire sur le marché historique du groupe.
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