Après avoir réorganisé son capital, le télédiffuseur veut lever entre 700 millions et 1,4 milliard d’euros pour refinancer sa dette résiduelle.
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Olivier Pinaud
Après le capital, la dette. Repris en début d’année par les fonds Brookfield Infrastructure, PSP Investments et APG Asset Management, rejoints depuis peu par Predica, TDF engage le refinancement de sa dette bancaire. Désormais recentré sur la France, le télédiffuseur rencontre les investisseurs à compter d’aujourd’hui. Il vise une émission comprise entre 700 millions et 1,4 milliard d’euros, probablement en plusieurs tranches. L’opération est dirigée par BNP Paribas et la Société Générale. Le Crédit Agricole, Lloyds et RBS interviennent en tant que teneurs de livres associés.
TDF Infrastructure, la société opérationnelle émettrice, ainsi que sa maison mère Tivana France Holdings, sont notées BBB- par S&P, avec une perspective stable. «Tivana va continuer à bénéficier de sa position de leader en France, d’une base d’actifs claire et unique, ainsi que d’une bonne visibilité sur ses résultats et cash-flows du fait de ses contrats à long terme», estime l’agence de notation. Avec ses 6.700 tours de diffusions et autres points hauts répartis en France, TDF affiche une visibilité de 3,2 années de chiffre d’affaires et une marge d’Ebitda similaire à celle de ses comparables européens, comme l’espagnol Cellnex, légèrement inférieure à 50%. «La croissance du trafic sur les réseaux mobiles, le basculement vers la 4G, et la tendance grandissante à la sous-traitance par les opérateurs de télécoms mobiles pourraient alimenter les besoins en nouvelles tours ou points hauts», indique S&P.
Le changement d’actionnaires, ponctué par la scission des activités allemandes et hongroises, a modifié le profil financier de TDF. De «fortement endetté»(highly leveraged), S&P l’a réduit à «important». L’horizon d’investissement plus long des nouveaux actionnaires et leur volonté de maintenir des ratios compatibles avec une notation investment grade ont convaincu l’agence. Elle estime que le ratio dette/Ebitda s’affichera entre 3,5 et 3,7 fois dans les prochaines années.
Reste désormais à placer la dette dans de bonnes conditions alors que le marché se montre extrêmement nerveux depuis quelques jours en raison de l’enlisement du dossier grec. La semaine s’annonce cruciale avec la réunion, jeudi, des ministres des Finances de la zone euro.
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