Phitrust et Proxinvest contestent la communication d’Alstom
Une assemblée générale mouvementée en perspective pour Alstom demain après-midi. Dans le cadre de questions écrites, Phitrust a demandé au groupe industriel des explications sur l’information «incomplète» donnée aux actionnaires avant l’AG du 19 décembre 2014 ayant approuvé – à titre consultatif – la cession d’actifs à General Electric. En effet, c’est seulement lors de l’AG qu’Alstom a informé les actionnaires que l’amende de 772 millions de dollars pour corruption infligée par les autorités américaines serait à la charge du vendeur et non de l’acquéreur comme annoncé initialement.
Le vote est-il valable? s’interroge Phitrust, demandant également à Patrick Kron, PDG d’Alstom lors des faits litigieux, comment il compte en assumer la responsabilité. Proxinvest regrette publiquement d’avoir recommandé d’approuver l’opération et demande un nouveau vote, en ligne avec les récentes recommandations de l’AMF en la matière.
En outre, Proxinvest et Phitrust s’interrogent sur la «rémunération conditionnelle exceptionnelle» d’environ 4 millions d’euros attribuée au PDG, Patrick Kron, et demandent implicitement qu’il y renonce. Cette prime correspond à la «contre-valeur de 150.000 actions» au cours du jour de la réalisation de la vente à GE, sans dépasser deux fois la rémunération fixe et variable cible 2014-2015, soit 4,8 millions d’euros. Au cours de vendredi, cette prime était de 3,98 millions. Cette rémunération exceptionnelle «peut être considérée comme une prime de départ déguisée, alors que [le] groupe publie des pertes et est amputé des trois quarts de son activité», note Phitrust, rappelant que le code Afep-Medef demande qu’une telle rémunération soit liée à la performance du groupe.
Pour sa part, Proxinvest s’interroge sur la régularité de l’information donnée sur cette rémunération, qui ne figure pas dans le vote du «say on pay». De plus, le proxy constate que la provision passée n’est que de 2,8 millions d’euros. Pour sa part, l’AFG rappelle que «les intérêts des dirigeants doivent être en ligne avec ceux des actionnaires» et que le conseil «est responsable de la publicité et de la transparence de la politique de rémunération» des mandataires sociaux.
L’AFG estime aussi que cette rémunération exceptionnelle s’apparente à une indemnité de départ et constate qu’en cas de rupture de son mandat, le PDG conservera options et actions gratuites, contrairement aux recommandations de l’AFG.
Plus d'articles du même thème
-
Le forint hongrois en garde sous le pied
Comme chaque semaine, retrouvez la chronique de DeftHedge sur le marché des changes. -
Le diable se cache dans les détails, Safran l'apprend à ses dépens
L'équipementier aéronautique a publié des chiffres trimestriels conformes aux attentes mais il s'est contenté de maintenir ses objectifs annuels alors que les investisseurs espéraient qu'ils seraient relevés. -
Valeo décroche en Bourse après une publication plus préoccupante qu'il n'y paraît
L'équipementier automobile a vu ses ventes baisser plus vite que le marché au troisième trimestre et les dirigeants ont légèrement abaissé leurs objectifs annuels.
ETF à la Une
La collecte des ETF obligataires bondit de 60% début octobre en Europe
- BNP Paribas augmente la plupart de ses salariés entre 1.000 et 1.500 euros
- Macif Vie est menacée par la Cnil d'une sanction de 7 millions d’euros
- Une panne de Google Cloud a paralysé Revolut et d'autres banques plusieurs heures
- La Société Générale rend 54 salariés de sa filiale titres à UniCredit en Italie
- Les OAT décrochent après les troubles en France
Contenu de nos partenaires
-
Complémentaires santé : pourquoi le Conseil constitutionnel censure le gel des cotisations
Les Sages ont jugé disproportionnée l'interdiction faite aux mutuelles, assureurs et institutions de prévoyance d'augmenter leurs tarifs en 2026, une mesure introduite par les députés lors de la dernière loi de financement de la Sécurité sociale -
Seine colèreAutodéfense, attaque d’appartements : à Paris, la crainte de l’escalade de la violence
La journée de samedi 24 octobre sera déterminante pour l’exécutif qui ne peut pas se laisser déborder une nouvelle fois par les émeutes et les pillages, prévient Jean-Michel Salvator dans sa chronique pour l'Opinion -
AgendaLycéens, Orléans, Limoges : l'exécutif sature l'agenda pour éviter un nouveau « 17 octobre »
Conseil de défense, annonce du dispositif de sécurité, rencontre avec les lycéens, déplacements : Emmanuel Macron, Sébastien Lecornu et Laurent Nuñez enchaînent les rendez-vous à la veille d'un nouveau samedi à risque.