Nelson Peltz demande aux actionnaires de Procter & Gamble de l’élire au conseil
Le ton monte entre le fonds activiste Trian et Procter & Gamble. Faute d’être entendu, le fonds américain présentera son directeur général et fondateur, Nelson Peltz, comme candidat au conseil d’administration du géant américain des biens de consommation lors de l’assemblée générale de cet automne. Les «nombreuses discussions constructives» avec le management et les administrateurs de P&G sur les quatre derniers mois ayant abouti à un rejet de la cooptation de Nelson Peltz au conseil, Trian s’adresse maintenant directement aux actionnaires.
Fort d’un investissement de 3,3 milliards de dollars en actions Procter & Gamble, soit environ 1,48% du capital, Trian veut «aider le groupe à relever les défis auxquels il est confronté, compte tenu des résultats décevants de la dernière décennie». Le fonds activiste souligne en particulier la faiblesse du retour aux actionnaires, avec un total shareholder return (TSR) inférieur à la moitié de celui de ses pairs sur 10 ans.
D’une part, Trian s’inquiète du ralentissement de la croissance organique sur les cinq dernières années et des pertes de parts de marché dans la plupart des segments. D’autre part, il fustige une bureaucratie et des coûts excessifs. Le programme de réduction de coûts de 10 milliards de dollars lancé en 2012 n’a pas eu d’effets sur la croissance des ventes et des résultats, constate Trian. Et bien que P&G ait identifié 13 milliards de dollars d’économies additionnelles, le fonds activiste souligne une organisation trop complexe. «Le conseil d’administration est convaincu que les changements apportés donnent des résultats, et exprime tout son soutien à la stratégie, aux projets et à la direction du groupe», a réagi hier Procter & Gamble. Dans ce contexte, Trian juge que l’expertise et l’expérience de Nelson Peltz seront un atout pour le conseil de P&G, rappelant que les sociétés du secteur de la consommation où il a siégé ont affiché une croissance de leur bénéfice par action, en moyenne de 7,8 points au-dessus de celle du S&P 500, pour un TSR supérieur de 8,8 points.
Disant croire au potentiel de P&G et agir comme actionnaire de long terme, Trian ne plaide pas pour le démantèlement de la société. Il ne demande pas non plus le départ du directeur général, ne cherche pas à remplacer les administrateurs, ne défend pas un levier excessif, ne veut pas réduire les prestations de retraite, et ne souhaite pas abaisser les investissements, les dépenses de R&D et les frais de marketing.
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