Les velléités de l’Etat bousculent l’équilibre Renault-Nissan
Les velléités de l’Etat sur Renault pourraient contribuer à renforcer les liens entre le constructeur français et son allié japonais Nissan. Hier, un conseil d’administration de Renault a évalué les conséquences du passage de l’Etat au-dessus des 20% des droits de vote et de sa volonté d’appliquer le mécanisme des droits de vote double comme le permet la loi Florange.
L’Etat a indiqué qu’il voterait lors de l’assemblée générale du 30 avril contre la résolution n°12 prévue par le conseil d’administration de Renault visant à annuler la disposition de la loi Florange. Objectif: avec des droits de vote double, l’Etat pourrait céder des actions tout en conservant un poids important en AG.
A l’issue de son conseil, Renault a publié un communiqué, dans lequel «le conseil d’administration demande à Carlos Ghosn (le PDG de Renault, ndlr) de veiller à la pérennité et à l'équilibre de l’alliance». Le conseil «réaffirme son soutien à la résolution n°12» et veut le maintien de l'équilibre entre l’Etat et Nissan. Mais face à la volonté publique, les modalités de l’alliance scellée avec Nissan en mars 1999 semblent inadaptées. Alors que Renault détient 44,3% du capital de Nissan, le japonais n’a que 15% de celui de son partenaire français et ne peut exercer les droits de vote attachés. La disposition visait à l’époque à protéger l’ancienne régie.
«L’Etat est présent dans Renault, l’Etat pèsera dans Renault, non pas pour diriger Renault à la place des dirigeants mais pour peser sur le devenir» de l’entreprise, a indiqué hier Michel Sapin sur France Inter. «Carlos Ghosn a la pleine confiance du gouvernement», a appuyé Emmanuel Macron, le ministre de l’Economie. L’activisme de l’Etat a néanmoins tendu les relations, d’autant que la méthode a été jugée brutale chez Renault.
L’Etat va utiliser une voie inédite pour faire entendre sa voix en AG. Comme L’Agefi le révélait le 10 avril, il ne sera pas directement détenteur des 4,73% du capital lui permettant de porter à 23,2% ses droits de vote lors de l’AG. Les 14 millions d’actions concernées sont portées par Deutsche Bank, avec lequel l’Etat a conclu un contrat d’options croisées, ce qui lui évite une sortie de cash de l’ordre du milliard d’euros. La majorité du bloc a été constituée via des emprunts de titres ou des contrats d’options.
Signe que les actions n’ont pas été achetées par l’APE, l’Etat n’a déclaré aucun franchissement de seuil à la hausse. Le franchissement du seuil des 5% a en revanche été déclaré à l’AMF par Deutsche Bank.
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