Les grands corporates français doivent refinancer 200 milliards d’euros d’ici 2013

Si 100 milliards de dette ont été refinancés en 2010, une nouvelle tension des spreads bancaires et obligataires pourrait freiner ce mouvement
Yves-Marc Le Reour

A l’occasion d’un point de presse organisé hier sur le financement des corporates, la société de conseil bfinance a fait état d’un niveau de liquidité «globalement confortable» pour les 100 premiers groupes français qui disposent de 220 milliards d’euros de cash et de presque 115 milliards de lignes bancaires non utilisées. A fin décembre 2009, le montant agrégé de leur dette brute représentait 570 milliards d’euros, dont 225 milliards de crédits bancaires tirés et 295 milliards de d’emprunts obligataires.

«Sur les 340 milliards d’autorisations bancaires, 40% arrivent à échéance à l’horizon 2012 et 46% d’ici 2013», constate Muriel Nahmias, senior director en charge des projets spéciaux chez bfinance. Compte tenu des 55 milliards refinancés au cours des dix premiers mois de l’année, ces grands groupes français sont confrontés à un volume de refinancement bancaire d’une centaine de milliards d’ici trois ans; 80% d’entre eux sont en outre concernés par une échéance en 2011 ou 2012. Concernant la dette obligataire, 140 milliards d’euros, soit 47% du total, vient à maturité d’ici 2013, «dont plus de 45 milliards refinancés cette année». Les besoins de refinancement bancaires et obligataires se chiffrent donc au total à près de 200 milliards d’euros d’ici fin 2013.

Outre la baisse constatée des effets de levier, on souligne chez bfinance que «la crise financière a favorisé en Europe la tendance à la désintermédiation», permettant aux entreprises de diversifier leurs sources de financement, d’avoir accès à des maturités plus longues (7 voire 10 ans contre 5 ans pour la dette bancaire), et de bénéficier de documentations moins contraignantes. Ce mouvement est d’ailleurs favorisé par les établissements financiers qui y voient un moyen de ne pas mobiliser leurs fonds propres comme c’est le cas pour un crédit bancaire.

A moyen terme, les exigences de Bâle III ne vont pas dans le sens d’une détente des conditions de crédit bancaire. A plus court terme, en affectant le coût de financement des banques, les inquiétudes perceptibles depuis quelques semaines sur la dette souveraine dans la zone euro font de plus peser une menace sur le niveau des spreads bancaires et obligataires, «ce qui pourrait toucher par contagion le compartiment des corporates», conclut David Laugier, directeur général de bfinance.

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