Les Etats-Unis bloquent les ambitions internationales de Rosneft
Les tensions entre la Russie et les pays occidentaux font de nouvelles victimes collatérales. Rosneft a annoncé hier l’abandon des discussions avec Morgan Stanley portant sur l’acquisition de l’activité de négoce et de stockage de pétrole de la banque d’investissement américaine, suite au refus des autorités américaines de soutenir l’opération. Un accord préliminaire entre les deux protagonistes avait été signé en décembre 2013.
Dans un communiqué fort diplomatique, la compagnie pétrolière russe évoque «une impossibilité objective de conclure l’accord en raison d’un refus d’accorder les autorisations réglementaires». «Ayant déployé des efforts importants dans cette opération, les parties regrettent qu’elle n’ait pu être menée à son terme. Les deux sociétés n’en continuent pas moins leur coopération dans d’autres domaines», ajoute-t-elle. De son côté, Morgan Stanley précise qu’elle étudie d’autres pistes pour son activité, valorisée entre 300 et 400 millions de dollars. La banque d’investissement australienne Macquarie ferait partie des autres prétendants, rapporte le Wall Street Journal.
Les Etats-Unis brident les ambitions internationales de Rosneft – dont le président Igor Setchine figure parmi les personnalités visées par les sanctions. Celles-ci ont déjà été rognées par le retrait de certains partenaires étrangers de plusieurs projets d’exploration et de forage dans l’Arctique, suite aux sanctions occidentales prises à l’encontre de la Russie dans le cadre de la crise ukrainienne.
D’autres conglomérats russes ont fait les frais des tensions géopolitiques: le chimiste allemand BASF et Gazprom ont dû par exemple renoncer à un échange d’actifs dans le gaz naturel. En dehors du blocage de la part d’autorités (de la concurrence, de tutelle, etc.), la capacité financière des sociétés russes est réduite par l’effondrement du rouble et de leur cours de Bourse – alors que leur dette est en grande partie libellée en dollars.
C’est pourquoi le cours de l’action Rosneft (dont le britannique BP détient 20%) a paradoxalement progressé hier à Moscou, terminant la séance en hausse de 2,5% alors que la Bourse reculait de 0,8%: les investisseurs voient dans l’échec de l’acquisition la fin des ambitions dépensières du groupe. En outre, ils ont été rassurés par l’annonce par le groupe du remboursement d’un crédit de 7 milliards de dollars, dans le cadre de la dette souscrite pour l’acquisition de TNK-BP l’année dernière, pour 61 milliards de dollars.
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