Les dirigeants de Hewlett-Packard montent au créneau pour défendre leur stratégie
Après la chute de 20% du cours de Bourse de Hewlett-Packard (HP) vendredi dernier, l’objectif principal des dirigeants du groupe informatique est de rassurer les investisseurs en leur expliquant le bien-fondé de leur nouvelle stratégie. Le décalage potentiel de 12 à 18 mois entre le rachat du groupe de logiciels britannique Autonomy pour 11 milliards de dollars et l’abandon de son activité PC, valorisée 12 milliards de dollars, est en effet susceptible de mettre sous pression le compte de résultat et le bilan de HP.
Son directeur général Léo Apotheker, ancien président de SAP, estime pouvoir regagner à terme les 40 milliards de dollars de chiffre d’affaires perdus suite à ce virage stratégique. Il insiste sur le fait que «le profil de croissance et de rentabilité de HP sera désormais bien supérieur». Si le chiffre d’affaires d’Autonomy devrait être légèrement au-dessus d’un milliard de dollars en 2011, sa marge d’exploitation devrait atteindre 38% contre moins de 6% pour la division PC du groupe américain, pour laquelle une scission est envisagée. L’objectif de HP est de «passer d’une gestion conglomérale de ses activités à une gestion intégrée centrée sur les logiciels».
Outre Léo Apotheker, la directrice financière Cathy Lesjak et le président du conseil d’administration Ray Lane vont poursuivre leurs entretiens avec de nombreux investisseurs anglo-saxons, notamment des fonds de pension dont la stratégie de placement est à moyen et long terme. Il n’en reste pas moins que le groupe devra piloter cette transition délicate tout en rompant avec la sous-performance de ces dernières années. L’abandon de son objectif de bénéfice de 7 dollars par action à l’horizon 2014 la semaine dernière ne va pas dans ce sens.
Ancienne directrice générale du groupe jusqu’en 2005, Carly Fiorina, qui avait poussé au rachat de Compaq voici neuf ans, a déclaré lors d’une interview à la chaîne américaine CNBC que ce changement de stratégie représentait «un pari sur l’avenir», en estimant que le groupe n’a «pas suffisamment investi dans la R&D dans la période récente». Des achats à bon compte, combinés à des rumeurs d’intérêt de la part d’Oracle, ont cependant fait rebondir l’action HP de 3,6% à 24,45 dollars hier en clôture à New York.
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