Les cours de Bourse sont corrélés à la progression des ventes dans les émergents
Comment les marchés financiers valorisent-ils les entreprises? Pour la seconde année, EY s’est penché sur cette question à travers une analyse à la fois qualitative et quantitative. La croissance, organique ou externe, reste le vrai vecteur de hausse des cours, mais «plus que jamais, elle doit être maîtrisée et rentable», souligne Nicolas Klapisz, associé EY, responsable du département Evaluation et Modélisation Financière et auteur de l’étude dévoilée ce matin.
D’une part, l’étude s’est concentrée sur l’analyse financière faite sur les sociétés du SBF 120 (hors valeurs financières et immobilières). Pour apprécier la valeur d’une entreprise, les analystes citent comme premiers facteurs: le positionnement géographique (62%), le recours à la croissance externe (55%) et la récurrence des cash-flows (31%). En revanche, la permanence de la gouvernance (13%) entre peu en ligne de compte.
Pour autant, l’équilibre se modifie. Si la croissance des pays émergents devrait être de 4,3% cette année, contre 2,4% pour les pays développés selon le FMI, les perspectives de croissance des émergents sont moins fortes qu’hier et surtout plus contrastées d’un pays à l’autre. Aussi, «par rapport à l’an dernier, les analystes sont plus vigilants sur les facteurs de risque, qu’ils soient structurels ou conjoncturels, notamment dans les pays émergents», explique Nicolas Klapisz.
D’autre part, «notre modèle statistique montre une forte corrélation entre performance boursière et part des pays émergents dans le chiffre d’affaires, poursuit Nicolas Klapisz. Lorsque la part des ventes réalisées dans les pays à forte croissance augmente de 1%, le cours progresse de 0,20%. Cette croissance apporte de l’Ebitda additionnel, que valorise le marché. Une hausse de 1% de l’Ebitda entraîne une augmentation de la performance boursière de 0,79%. En revanche, une volatilité trop forte de l’Ebitda a un effet négatif sur le cours».
Depuis le début de l’année «la vigilance est de mise, avec le ralentissement de la croissance dans les émergents, une croissance atone en Europe qui s’accompagne d’un taux de chômage élevé et du spectre de la déflation. Alors que les entreprises ont des fondamentaux solides et souvent d’importantes réserves de cash, l’accélération du mouvement de fusions-acquisitions pourrait constituer un vrai levier pour soutenir la performance boursière», anticipe Nicolas Klapisz.
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