Le scandale de corruption complique le financement de Petrobras

Le groupe brésilien ne pourra pas émettre de nouvelle dette tant que PwC, son commissaire aux comptes, ne lui aura pas fourni de «lettre de confort».
Olivier Pinaud

La direction de Petrobras est sortie de son silence. Lors d’une conférence téléphonique avec les investisseurs, Maria das Gracas Foster, la directrice générale du groupe pétrolier brésilien, a promis hier de faire toute la lumière sur le scandale de corruption qui a éclaté la semaine dernière au Brésil. Une vingtaine de personnes ont été arrêtées par la police dont Renato Duque, ancien directeur de l’ingénierie de Petrobras. Un cadre de Petrobras avait déjà été interpelé en octobre.

Le réseau de corruption mis au jour au sein de Petrobras pourrait avoir blanchi 10 milliards de réaux (3,8 milliards de dollars), essentiellement entre 2004 et 2012. Les sommes auraient éte reversées aux partis politiques, dont celui de la présidente réélue Dilma Rousseff, ont indiqué les enquêteurs.

Maria das Gracas Foster a expliqué que le groupe avait déjà identifié plusieurs preuves de corruption dans des contrats passés avec la compagnie SBM Offshore. Cette dernière, qui a elle-même alerté son donneur d’ordres, ne pourra toutefois plus travailler avec Petrobras tant que les choses n’auront pas été «clarifiées», a indiqué la directrice générale du groupe pétrolier. Des consultants ont été engagés par Petrobras pour l’aider dans ses recherches. «Nous devons avoir la même confiance pour notre gouvernance interne que celle dont nous avons besoin pour nos opérations techniques», a reconnu Maria das Gracas Foster. Une division de la conformité va être mise en place pour renforcer les contrôles.

La direction de Petrobras a indiqué réfléchir à la façon dont elle pourrait récupérer une partie des sommes détournées. En attentant, ce scandale va compliquer les affaires financières du groupe pétrolier. La publication des comptes a été reportée à mi-décembre. D’ici là, et sans avoir de «lettre de confort» de PwC, son commissaire aux comptes, Petrobras ne pourra pas émettre de nouvelle dette.

Hier, le directeur financier Almir Barbassa, a assuré que le groupe pouvait toutefois tenir au moins six mois sans avoir besoin de venir sur les marchés obligataires. A fin juin, la dette nette de Petrobras s’élevait à 109,6 milliards de dollars, soit 4,1 fois l’Ebitda, multiple élevé pour le secteur pétrolier.

Un évènement L’AGEFI

Plus d'articles du même thème

ETF à la Une

Contenu de nos partenaires

A lire sur ...