Le redressement d’Auchan en France prend plus de temps que prévu
Auchan visait un retour à la croissance de ses ventes en France en 2015. Le numéro cinq français de la distribution a reporté hier cet objectif à plus tard. «A ce stade, hors essence et à magasins comparables», un retour à la croissance en 2015 «nous paraît difficile», a déclaré Vincent Mignot, directeur général d’Auchan France, lors d’une conférence téléphonique.
Le chiffre d’affaires du groupe dans l’Hexagone a baissé de 2,9% au premier semestre. Pour les seuls hypermarchés français, le repli atteint 2% à données comparables et hors essence, contrastant avec la performance de Carrefour qui a vu les siennes progresser de 1,5% dans ce même format de magasins. La France représente 40% des ventes totales d’Auchan.
La stratégie de relance par les tarifs mise en œuvre l’an dernier peine donc à porter ses fruits, dans un contexte de forte concurrence entre enseignes. Selon la direction d’Auchan, le trafic est en légère hausse dans les magasins mais les volumes ne permettent pas encore de compenser une baisse des prix toujours aussi vive. Les ventes de produits alimentaires ont été «quasiment à l'équilibre» tandis que le non-alimentaire, qui pèse lourd dans les grands hypermarchés, reste mal orienté, indique Auchan.
Dans ce contexte, le distributeur mise plus que jamais sur les bienfaits de l’approfondissement du partenariat avec Système U dans les achats. Signé en 2014, l’accord a été présenté aux représentants des salariés des deux distributeurs et attend désormais le feu vert de l’Autorité de la concurrence. L’attente de la finalisation de l’accord pèse sur le rythme des investissements réalisés en France. Ils ont baissé de 36% au premier semestre, à 132 millions d’euros. Le parc d’hypermarchés français a perdu 2 magasins, à 126 unités.
Hors de France, la situation est également compliquée en Italie, avec l’annonce d’une baisse des prix de 7% pour regagner des parts de marché. En Chine, qui représente 30% du chiffre d’affaires total via la coentreprise Sun Art Retail, les ventes à surface comparable ont reculé de 3,4%. Au final, la hausse de 17% à 376 millions d’euros du résultat d’exploitation semestriel provient donc avant tout des mesures d’économies, notamment de la suppression de 800 postes d’encadrement.
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