Le rachat de Compuware illustre la pression grandissante des activistes
Compuware a finalement trouvé un acquéreur qui lui convient. Après s’être mis en vente fin 2012, l’éditeur américain de logiciels vient d’accepter l’offre de reprise du groupe de capital-investissement Thoma Bravo qui le valorise environ 2,5 milliards de dollars (1,9 milliard d’euros), ont annoncé hier les deux sociétés. Revendiquant une clientèle de plus de 7.100 entreprises, le groupe édite notamment les logiciels Abend-AID, un système de gestion des incidents informatiques.
Le prix unitaire global estimé à 10,92 dollars offre une prime de 17% sur le cours de clôture de Compuware vendredi dernier. Sur ce total, Thomas Bravo paiera en numéraire 10,25 dollars, net de taxes, pour chaque action ordinaire Compuware apportée à l’offre. Dans un délai de 60 jours après la signature de l’accord de fusion, l’éditeur américain distribuera par ailleurs à ses actionnaires le reste des titres de sa filiale Covisint, mise en Bourse en septembre dernier, dont il détient encore 82% du capital. Cette dernière sera ainsi totalement scindée du groupe. Sur la base du cours de clôture de Covisint le 29 août, ces actions distribuées représenteront 0,67 dollar par action ordinaire Compuware, sous réserve d’une valorisation de Covisint qui pourrait être plus élevée.
La transaction, approuvée à l’unanimité par le conseil d’administration de Compuware, devrait être menée à bien début 2015, après aval des actionnaires et des autorités de régulation. Elle «met un point final à une série d’initiatives prises pour transformer le groupe», commente son directeur général Bob Paul. Outre l’introduction en Bourse de Covisint, il mentionne la cession d’actifs périphériques et la réduction des frais généraux. Cette nouvelle étape, qui fera passer Compuware dans l’univers du non coté, lui permettra de continuer à servir sa clientèle dans un environnement concurrentiel «avec davantage de flexibilité, en adoptant une approche à plus long terme».
Le fonds d’arbitrage Elliott Management, actuellement premier actionnaire de Compuware avec 9,5% de son capital, avait tenté en vain de racheter le groupe fin 2012 au prix de 11 dollars par action, niveau que le conseil d’administration de la cible avait alors jugé insuffisant. Elliott n’en apporte pas moins son soutien au projet de transaction annoncé avec Thoma Bravo, qui vient selon lui «couronner un processus de plusieurs années visant à créer de la valeur pour les actionnaires de Compuware».
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