Le marché mise sur le succès du rapprochement entre Ahold et Delhaize
Nouvelle tentative de rapprochement pour Ahold et Delhaize. Huit ans après l’échec de longues et intenses négociations, le distributeur néerlandais et son concurrent belge ont repris des discussions, selon les quotidiens belges De Tijd et L’Echo. Ces rumeurs ont «cette fois, une plus grande crédibilité», note Exane BNP Paribas.
Les deux distributeurs se sont refusés à tout commentaire. Mais sur ces rumeurs, l’action Delhaize a bondi hier de 15,52%, à 82,9 euros, valorisant le groupe 8,58 milliards d’euros, tandis que Ahold gagnait 5,48% à 18,18 euros, soit 16,26 milliards d’euros de capitalisation. Sur ces niveaux, il ne s’agit plus d’un mariage entre égaux, mais d’un rachat du premier par le second. L’absence d’actionnaires de contrôle faciliterait l’opération, la famille Delhaize détenant environ 20% du capital, agissant en ordre dispersé, selon L’Echo.
Les deux groupes réalisent près des deux tiers de leur activité aux Etats-Unis, dans des zones adjacentes (le nord-est pour Ahold et le sud-est pour Delhaize) et pourraient ainsi améliorer leur présence. «En Europe, leurs fortes positions, respectivement aux Pays-Bas et en Belgique, ne mordent pas et peuvent générer des synergies», note SNS Securities. Ce mariage permettrait au nouvel ensemble de rafler la première place sur le marché belge à Colruyt, qui détient 24,7% de part de marché, contre 22% pour Delhaize. « Les deux distributeurs semblent être très compatibles », note Bank Degroof, ne voyant pas de risques réglementaires en Belgique et très peu de chevauchement aux Etats-Unis. De son côté Jefferies table sur une probabilité élevée de mariage. Plus dubitatif, Bernstein a «du mal à [se] souvenir d’une grande fusion réussie dans les supermarchés».
Exane BNP Paribas anticipe un effet relutif de 450 à 600 millions d’euros sur le résultat d’exploitation combiné attendu pour 2016 à 2,4 milliards d’euros. Pour sa part, Jefferies chiffre les économies potentielles jusqu’à 600 millions d’euros et ABN Amro de 600 millions à 1 milliard d’euros sur la base d’un bénéfice d’exploitation de 2 milliards d’euros.
En revanche, le groupe néerlandais sera pénalisé par la situation difficile de Delhaize, toujours en transformation, avec une marge d’exploitation inférieure à celle d’Ahold. «Ce qui aura un impact sur sa génération de cash flow, prévient SNS. Or, les investisseurs ont acheté Ahold pour la cohérence du cash flow libre, du dividende et du programme de rachat d’actions».
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