Le bras de fer juridique se poursuit entre ACS et Hochtief
Ce n’est pas encore une victoire définitive. Mais ACS vient de voir s’atténuer un risque potentiel important pour son offre sur Hochtief. Le Takeovers Panel australien a annoncé hier qu’il ne statuerait pas sur des demandes faites par Hochtief et sa filiale australienne à 54,5% Leighton.
Les deux groupes s’étaient d’abord tournés vers le régulateur boursier australien (l’Asic) puis vers le Takeovers Panel pour demander qu’ACS soit contraint de lancer une offre sur Leighton en cas de prise de contrôle de Hochtief. Ceci afin de protéger les minoritaires.
Pour l’autorité locale des fusions-acquisitions, il n’y a toutefois pas de raison de penser que les circonstances pourraient être jugées inacceptables et donc pas lieu de revenir sur la décision de l’Asic.
En octobre, l’Asic s’était pour sa part contentée de confirmer la règle boursière locale selon laquelle, sauf exception, un groupe faisant une offre sur une société cotée sur un marché étranger reconnu n’a pas à soumettre d’offre sur les filiales de cette cible (règle du «downstream acquisition exemption»).
N’étant pas obligé de racheter la totalité de Leighton, ACS a accueilli hier avec satisfaction cette décision du Takeovers Panel. Toutefois, la partie n’est pas encore finie. Hochtief a annoncé dans la foulée son intention de faire appel de la décision du Takeovers Panel.
Il est vrai que l’enjeu est de taille. Une offre obligatoire contraindrait ACS à débourser quelque 3,5 milliards d’euros pour le solde du capital de Leighton. Bien plus que pour Hochtief.
Disposant de près de 30% du groupe allemand, l’Espagnol ne vise en effet qu’à franchir la barre des 50%. Qui plus est sans sortie de cash puisqu’il propose un échange de titres: 8 ACS pour 5 Hochtief, soit le prix minimum requis par le droit boursier allemand. Au cours actuel, cela lui coûterait 825 millions d’euros.
Si l’allemand ne souhaite visiblement pas désarmer, sa filiale Leighton semble en revanche plus ouverte à la discussion. D’autant qu’ACS a fait un pas en sa direction. L’australien a déclaré qu’ACS l’avait contacté pour lui faire part de sa «volonté de trouver un accord écrit sur la gouvernance». Leighton s’est dit «encouragé par l’annonce publique d’ACS et par ce contact direct».
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