L’allemand RWE devrait obtenir une compensation limitée au titre du moratoire nucléaire de 2011
La bataille judiciaire qui vient d’être gagnée par RWE devrait avoir des retombées financières relativement modestes pour l’énergéticien allemand. C’est l’opinion qui prévaut chez les analystes financiers après la décision de la Cour administrative fédérale de Leipzig, qui a confirmé mardi le caractère illégal de l’arrêt temporaire forcé de la centrale nucléaire de Biblis en 2011.
Le tribunal administratif de la Hesse avait déjà considéré en février 2013 que cette exigence, émanant du ministère de l’Environnement de ce Land après l’accident de Fukushima, était dépourvue de fondement juridique suffisant, au motif notamment que RWE «n’avait pas pu faire entendre son point de vue». L’énergéticien a indiqué qu’il allait demander à ce titre des dommages et intérêts pour un montant non dévoilé, mais qui est estimé entre 170 et 190 millions d’euros. Le résultat de cette nouvelle action au civil pourrait être connu courant 2015.
La décision de la Cour de Leipzig «ne concerne que l’arrêt abrupt des sept plus anciennes centrales nucléaires du pays (plus celle de Krümmel déjà hors production) entre mars 2011 et l’entrée en vigueur de la loi sur l’énergie nucléaire le 6 août de la même année», relève le bureau d’analyse de Kepler Cheuvreux, en ajoutant qu’elle ne s’applique pas à la fermeture de l’ensemble des réacteurs nucléaires du pays d’ici à 2022.
Le préjudice pour l’abandon définitif du nucléaire, en contravention d’un accord de 2010 qui prévoyait une extension de 8 à 14 ans de la durée de vie des réacteurs, a été estimé à 6 milliards d’euros par RWE et à 8 milliards par son concurrent E.ON. Ils ont tous deux déposé une plainte auprès de la Cour constitutionnelle de Karlsruhe (Bundesverfassungsgericht), la plus haute instance juridique du pays, qui ne devrait rendre son avis qu’à l’horizon 2016.
La décision rendue mardi exclut par ailleurs la question de la taxe nucléaire qui fait l’objet d’un recours sur le fond auprès de la Cour de Karlsruhe et de la Cour de justice de l’Union européenne, mais aussi sur la forme par le biais d’une «contestation fiscale avec l’arrêt a minima des paiements, voire le remboursement des règlements antérieurs», soulignent les analystes de Natixis. L’enjeu est là encore significatif, puisque ce prélèvement de 145 euros par gramme d’uranium consommé représente pour RWE et E.ON environ 20% de leur bénéfice par action.
Plus d'articles du même thème
-
DWS va créer un hub à Madrid pour soutenir sa stratégie d'automatisation et d'IA
DWS, le gestionnaire d’actifs de la Deutsche Bank basé à Francfort, crée un hub dédié aux technologies et aux opérations à Madrid afin d’accélérer l’adoption de l’automatisation et de l’IA au sein de son organisation, rapporte Financial News. -
L'AMF pourrait ouvrir les OPCVM aux cryptos
Une consultation sur l’éligibilité de certains actifs a été lancée. L’autorité pourrait faire évoluer sa lecture stricte des règles européennes. -
Eurosif consolide sa présence nordique en accueillant le forum danois Dansif
Le forum européen de l’investissement durable est désormais présent dans 13 pays et travaille avec plus de 400 organisations européennes partenaires issues de l’industrie de l’investissement durable.
ETF à la Une
BlackRock lance à son tour un ETF arrimé à l’économie spatiale
- Le Crédit Mutuel Alliance Fédérale change de directeur général
- Le Crédit Agricole est confronté à la reprise des grandes manœuvres en Italie
- Le commissariat aux comptes séduit plus que jamais les jeunes générations
- Des manquements déclaratifs pourraient coûter 1,8 million d’euros à Bourse Direct
- L'offre d'Intesa sur MPS crée un effet domino pour Axa
Contenu de nos partenaires
-
TargetUkraine : « Aucun signe ne laisse penser que Poutine a changé ses objectifs »
« La Russie est en difficulté » mais il est trop tôt pour dire si la guerre est arrivée à un tournant, selon le ministre estonien des Affaires étrangères -
« J'aime l'inflation » : en pleine flambée des prix, Donald Trump refuse de s'alarmer
Alors que l'inflation américaine a bondi à 4,2 % en mai sous l'effet de la guerre au Moyen-Orient, Donald Trump a salué, mercredi 10 juin, des chiffres « supers » et déclaré aimer l'inflation. De quoi alimenter un peu plus les critiques de l'opposition à quelques mois des élections de mi-mandat -
Souffler sur les braisesViolences à Belfast : pourquoi les émeutes éclatent si vite au Royaume-Uni
De violentes manifestations anti-immigrés ont éclaté mardi soir dans la capitale de l'Irlande du Nord, après une attaque au couteau attribuée à un ressortissant soudanais