Lafarge et Holcim sont en mesure d’arbitrer dans leurs différentes cessions d’actifs
Le projet emblématique de fusion entre Lafarge et Holcim vient de franchir une étape réglementaire importante avec sa notification formelle auprès de Bruxelles, qui parachève le processus auparavant mené auprès des différentes autorités de régulation nationales. Par rapport à la liste des actifs cessibles établie début juillet, qui correspond à des ventes annuelles de 3,5 milliards d’euros (environ 10% du chiffre d’affaires du groupe élargi), les deux cimentiers ont fait quelques propositions d’amendements.
En Europe, ils envisagent désormais «de conserver la cimenterie de Lafarge située à Mannesdorf en Autriche» et «de désinvestir les activités d’Holcim en Serbie», ce qui représente un chiffre d’affaires supplémentaire net à céder d’environ 50 millions d’euros. Aux Philippines, les actionnaires majoritaires de la filiale Lafarge Republic devraient vendre leur participation respective à des tiers, certains actifs cimentiers de Lafarge Republic étant repris par Holcim.
«Nous avons reçu et vu beaucoup d’intérêts pour tout le portefeuille d’actifs», a déclaré hier Bruno Lafont, actuel PDG de Lafarge et futur directeur général de l’entité élargie. Si les offres reçues sont non liantes à ce stade, les analystes de CM-CIC Securities sont plutôt optimistes concernant les valorisations. Ils relèvent que «le dépôt d’une offre conjointe par certains fonds - CVC, KKR, Apollo, associés aux véhicules souverains KIA et GIC – a fait monter les enchères au-delà de notre fourchette de valorisation de 5,5 à 6,2 milliards d’euros, à un niveau au moins égal à 7 milliards d’euros sur la base de valorisations reposant sur des résultats de sortie élevés».
Les deux groupes soulignent par ailleurs qu’ils «continueront à évaluer les situations où des désinvestissements pourraient être nécessaires en fonction de l’appréciation des recouvrements géographiques ou de demandes des autorités de la concurrence». Si la Commission européenne juge que le projet donne suffisamment de gages de compatibilité avec les règles du marché unique, elle disposera de 35 jours ouvrables pour statuer dans le cadre du processus de contrôle préalable des fusions (examen en phase 1).
Dans le cas contraire (examen en phase 2), ce délai est porté à 105 jours, avec une prorogation éventuelle de 20 jours. Les deux cimentiers misent toujours sur une finalisation de la transaction au premier semestre 2015.
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