La surenchère de 888 atteste de la pression sur le secteur du jeu
Le groupe de jeux israélien 888 Holdings fait assaut de prudence pour acquérir son concurrent anglo-allemand Bwin.party, qui a annoncé hier avoir reçu une offre révisée. Ses termes ne sont pas précisés, mais Bwin ajoute qu’elle est assujettie à certaines préconditions.
Cette initiative se comprend dans la bataille que se livrent la société israélienne et un autre concurrent – GVC Holdings – pour acquérir Bwin, qui s’est mis en vente en novembre 2014. Le conseil d’administration de Bwin avait déjà recommandé à l’unanimité, le 17 juillet, la première offre d’achat de 898 millions de livres sterling (1,2 milliard d’euros) soumise par 888, rejetant celle de GVC, pourtant supérieure mais jugée trop risquée (GVC est deux fois plus petit que sa cible) et compliquée, car mixte (en numéraire et en actions) et co-financée par le canadien Amaya. Mais 888 a visiblement souhaité ne prendre aucun risque.
Cette précaution n’est pas un luxe: GVC n’a pas jeté l’éponge. Signe de sa détermination, il a relevé par deux fois le montant de son offre: de 908 à 990 millions de livres une première fois, puis à 1,03 milliard la deuxième, le 7 août. Fin août, il a déclaré être en mesure d’aller encore au-delà. Le Times affirmait fin août que le montant pourrait être supérieur à 1,1 milliard.
Cette bataille illustre l’ampleur du mouvement de concentration qui s’est emparé du secteur des paris depuis plusieurs mois, alors que ce dernier montrait en début d’année des difficultés à mûrir (le bookmaker William Hill avait échoué à acquérir 888 pour 720 millions de livres) malgré les menaces qui pèsent sur lui, comme la hausse de la fiscalité et le renforcement de la réglementation, en particulier au Royaume-Uni et en Allemagne. «Après la phase de concentration, le marché du jeu britannique sera dominé par Paddy-Betfair, William Hill, Bet365, SkyBet et Ladbrokes-Coral. Les entités nouvellement fusionnées pourront déployer des budgets de marketing et d’investissements plus importants, faisant courir un risque aux acteurs plus petits, qui ne se distinguent pas (11% du marché)», indiquent les analystes d’Exane BNP Paribas dans une étude parue hier.
En cas de succès de son acquisition, 888 bénéficierait d’un bon positionnement dans quelques marchés clés, mais «il serait toujours inexistant dans les paris sportifs au Royaume-Uni, un secteur décisif», poursuivent-ils. En cas d’échec, Bwin pourrait intéresser William Hill, estime le courtier.
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