La stratégie de Groupon sort renforcée du succès de sa levée de fonds
Mission accomplie pour Groupon. Le site internet de bons de réduction a finalement réussi à boucler sa levée de fonds de 950 millions de dollars, alors que le 30 décembre dernier, 450 millions manquaient encore à l’appel. «Groupon a levé un truc comme un milliard de dollars», se félicitait béatement la société dans son communiqué. Satisfecit compréhensible puisqu’il s’agit d’une des plus importantes opérations de ce genre jamais réalisée et qu’elle accrédite les motifs invoqués lors du rejet de l’offre de rachat faite par Google d’un montant pourtant de 6 milliards de dollars. Et ceci même si près de 350 millions seront utilisés pour des rachats d’actions déjà existantes et non au développement de la société.
Pas moins de 50 millions de souscripteurs ont pris part à l’opération, contre seulement 2 millions au tour de table annoncé en décembre. Parmi les acheteurs des parts mises à disposition par le site non encore coté figurent 4 fonds d’investissement spécialisés dans les start-up technologiques (Andreessen Horowitz, Battery Ventures, Silver Lake et Technology Crossover Ventures). Mais également le groupe internet russe Mail.ru, un des principaux actionnaires de Facebook, et qui avait déjà participé à la levée de fonds en décembre.
Si la jeune société de Chicago à la croissance fulgurante a pris un risque important en rejetant l’offre de Google, elle bénéficie néanmoins de la dynamique du secteur internet et d’un business model pérenne. Avec une part de marché estimée à 80%, Groupon satisfait 95% des 650 offres quotidiennes, alors que le site ne publie qu’une demande sur 8, ce qui lui confère un réservoir de transactions considérable. Qualifié par le magazine Forbes de «société à la plus forte croissance de l’Histoire», Groupon a étendu son réseau en 2010 de un à 35 pays, et de 30 à 500 métropoles, avec un nombre d’abonnés passant de 2 à 50 millions.
Avec un chiffre d’affaires en 2010 estimé à plus de 500 millions de dollars, l’offre de Google valorisait Groupon à seulement 12 fois ses recettes 2010, contre 25 fois pour Facebook et LinkedIn. Or, ces dernières ont déjà fixé le calendrier de leur IPO à avril 2012 pour Facebook et dès le premier trimestre 2011 pour LinkedIn. Dans ce contexte, Groupon pourrait profiter du succès de sa levée de fonds pour annoncer son IPO avant que Facebook, le leader du secteur, ne siphonne le marché.
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