La privatisation de la Française des Jeux revient sur le tapis
L’Etat est prêt à retenter sa chance. Le gouvernement a relancé l’étude d’une ouverture du capital de la Française des Jeux, a révélé Le Monde. L’Agence des participations de l’Etat détient 72% du monopole des jeux de loterie en France. Ces réflexions ne sont pas nouvelles. En 2008, le gouvernement de François Fillon avait envisagé une cession partielle du capital de la FDJ. Mais un contexte financier peu favorable et l’ouverture en parallèle du marché des jeux d’argent en ligne (paris, poker…) avaient eu raison du projet.
Cette fois, l’environnement paraît plus propice et la FDJ a démontré sa résistance économique. En 2013, le groupe a amélioré de 22,5% son résultat opérationnel à 203 millions d’euros, soit une marge 13,5%. Son bénéfice net a progressé de 8,1%, à 133 millions d’euros. Sa rentabilité des capitaux employés s’élevait à 15%. Un profil qui, en plus de la situation de monopole de la société, plairait au marché. D’autant que le groupe reverse la quasi-totalité de son bénéfice sous forme de dividendes (115 millions en 2013).
Selon les chiffres avancés par Christophe Blanchard-Dignac, le PDG de la FDJ, dans le Monde, l’Etat pourrait récupérer 300 à 400 millions d’euros pour 20% du capital. Les fonds propres du groupe seraient ainsi valorisés près de 2 milliards d’euros. Une valorisation proche de celle évoquée en 2008 qui pourrait constituer un plancher alors que depuis le résultat opérationnel a progressé de 50%. Elle représenterait 15 fois le bénéfice net, plusieurs crans en dessous des groupes de paris en ligne.
La FDJ n’aurait pas grand-chose à retirer d’une IPO. Elle dispose de 787 millions d’euros de trésorerie nette fin 2013 et a généré l’an dernier une capacité d’autofinancement de 174 millions d’euros. Elle n’a donc aucun besoin d’autant que la situation de monopole en France exclut toute acquisition dans l’Hexagone. Christophe Blanchard-Dignac constate également la fermeture du marché européen.
PDG de la FDJ depuis 2010, Christophe Blanchard-Dignac n’est pas un farouche partisan d’une IPO. La Bourse ne faisait pas partie du plan stratégique élaboré l’an dernier, dont l’objectif est d’atteindre 14 milliards d’euros de mises en 2018, contre 12,3 milliards en 2013, avec une amélioration à terme de 20% du résultat opérationnel. Candidat à un quatrième mandat à partir d’octobre prochain, le dirigeant est prêt à poursuivre sur cette voie.
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