La diversification d’Eiffage compense son exposition au marché français du BTP
Les concessions autoroutières et l’énergie ont compensé les difficultés rencontrées par Eiffage dans le bâtiment et les travaux publics, montrent les chiffres trimestriels du groupe publiés hier après Bourse. Réalisé à 83% en France, son chiffre d’affaires de 3,04 milliards d’euros à fin mars ressort quasiment stable (+0,2%) en données publiées, et en légère baisse de 0,5% à périmètre et change constants. A titre de comparaison, son concurrent Vinci a publié fin avril une baisse de 8% de son chiffre d’affaires trimestriel en données comparables.
L’activité de construction sur le marché français «s’inscrit globalement en baisse de 4,6%», indique Eiffage, en précisant que la région Ile-de-France reste relativement mieux orientée que sur le reste du territoire. En Europe, elle affiche globalement un recul de 14,2% (-27,3% au Benelux, mais +30,6% en Pologne). Les travaux publics en France ont connu une baisse encore plus importante de 10,8%, alors que cette activité a progressé de 11,4% en Europe et de 21,2% hors d’Europe (Canada, Colombie).
Dans l’énergie, si le chiffre d’affaires a reculé de 2,3% sur les marchés européens, il a grimpé de 13,8% en France «grâce à la montée en puissance des travaux d'électricité sur la ligne de TGV Bretagne-Pays de Loire et sur la centrale solaire de Cestas, en Gironde». Au total, cette branche a vu ses ventes croître de 12,9% (+12,1% à données comparables). Beaucoup moins cyclique, la branche concessions, qui inclut le réseau autoroutier APRR, a vu son chiffre d’affaires progresser de 2,2%, à structure courante et constante.
Si le carnet de commandes du groupe demeure solide à 11,7 milliards d’euros, il ressort en baisse de 5,7% sur un an et représente 12,1 mois d’activité des branches travaux (construction, travaux publics et énergie). Eiffage a confirmé son objectif d’un chiffre d’affaires «en léger repli sur 2015». Lors de son assemblée générale fin avril, il avait aussi indiqué prévoir une légère croissance de ses résultats annuels, ce qui se refléterait dans le niveau des dividendes distribués l’an prochain.
Confronté à une situation toujours délicate dans la construction en France, Eiffage disposait à fin mars d’une liquidité globale supérieure à 2 milliards d’euros qui a plus que doublé sur un an. Il a notamment tiré parti des concours bancaires de ses filiales APRR et Eiffarie.
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