La concentration du secteur des paris en ligne s’accélère
Les rapprochements se multiplient dans les paris en ligne. Le groupe irlandais Paddy Power et son concurrent britannique, Betfair, ont annoncé hier leur projet de fusion. Selon les termes de l’accord, les actionnaires de Paddy Power détiendront 52% du nouvel ensemble, contre 48% pour ceux de Betfair. Les actionnaires de Paddy Power recevront en outre un dividende exceptionnel de 80 millions d’euros juste avant la fusion. Le nouveau géant des paris en ligne sera présidé par Gary McGann, actuel président de Paddy Power, tandis que Breon Corcoran, directeur général de Betfair, deviendra celui de la nouvelle entité.
Le groupe combiné affichera un chiffre d’affaires de plus de 1,1 milliard de livres (1,5 milliard d’euros). Il mise sur la complémentarité de ses deux marques et sur son mix géographique pour se développer en Europe continentale, aux Etats-Unis et en Australie. Le groupe envisage des synergies de coûts et de revenus, mais ne les chiffre pas à ce stade.
En 2014, Paddy Power a vu ses revenus progresser de 18% à 882 millions d’euros, pour une hausse de 20% de son Ebitda à 212 millions, soit une marge de 24%. Sur son exercice 2015 clos fin avril, Betfair a enregistré une hausse de 21% de son chiffre d’affaires à 477 millions de livres, pour un Ebitda de 120 millions (+32%), soit une marge de 25,2%.
Ce projet de rapprochement a été salué en Bourse par un rebond de plus de 20% de Betfair à Londres, qui capitalise 2,9 milliards de livres, et de près de 20% de Paddy Power à Dublin, valorisé 4,1 milliards d’euros. Paddy Power est conseillé par Morgan Stanley et par IBI Corporate Finance, et Betfair par Goldman Sachs.
Dans un marché des paris en forte croissance, et face à une réglementation accrue et une fiscalité plus sévère au Royaume-Uni, les acteurs sont incités à se rapprocher. Déjà fin juillet, les groupes britanniques Ladbrokes et Gala Coral avaient annoncé leur fusion, afin de créer un géant du secteur, pesant 2,3 milliards de livres (3,2 milliards d’euros).
Parallèlement, la bataille pour le rachat de Bwin.party se poursuit. GVC n’est pas près de renoncer à sa proie et devrait formaliser prochainement une nouvelle offre hostile. Alors que GVC a déjà relevé deux fois son offre, de 908 millions de livres à 1,03 milliard, le conseil d’administration de Bwin.party continue à préférer la proposition de 898 millions de livres faite par 888 Holdings.
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