La concentration attend les juniors pétrolières au tournant
Jean-François Hénin a souvent appelé à une consolidation entre juniors pétrolières, faisant tour à tour de sa société Maurel & Prom un prédateur et une proie. Mais ses récents propos, reconnaissant que son groupe, même renforcé par la réintégration prochaine de sa filiale nigériane MPI, n’a plus la taille pour rester indépendant, trouvent un nouvel écho.
La chute des cours du pétrole (-56% pour le Brent depuis juin 2014) rend aujourd’hui intenable le modèle économique de nombreuses petites sociétés pétrolières qui, à la différence des groupes intégrés, ne peuvent pas compenser la baisse de leurs revenus par de meilleures marges de raffinage ou bénéficier des mêmes réductions de prix de la part des fournisseurs.
«Les juniors ont plus de logique à se rapprocher que les majors. Cela permet de diversifier les sources de revenus et de dégager des synergies de coûts. En outre, face à leur endettement, les juniors ont moins de marge de manœuvre pour vendre des actifs que les grands groupes intégrés», explique Marianne Daryabégui, responsable de l’équipe corporate finance pour le secteur pétrole et gaz chez BNP Paribas. La banque est le conseil de Maurel & Prom pour le rachat de MPI.
Décalage de prix
La dette cumulée des 17 valeurs pétrolières suivies par les analystes de Jefferies a augmenté de 53% depuis novembre 2014, pour culminer à 14,2 milliards de dollars. Des covenants sont clairement en danger. Premier Oil a préféré les renégocier par anticipation dans le courant de l’été alors que la faiblesse des cours faisait planer un risque de rupture dans les 12 mois.
Mais aujourd’hui, le problème n’est pas de trouver, ni des actifs à vendre, ni du financement, alors que les fonds de private equity tournent autour du secteur depuis quelques mois après avoir levé plus de 30 milliards de dollars précisément pour jouer la concentration. «Le défi réside dans l’ampleur du décalage entre le prix offert et le prix demandé», indiquaient récemment les analystes de JPMorgan à la suite d’une conférence organisée sur le secteur. La chute de moitié des valorisations en un an est encore difficilement acceptée par les vendeurs.
{"title":"","image":"41010»,"legend":"","credit":""}
Plus d'articles du même thème
-
Le Conseil constitutionnel valide l’essentiel de la loi contre les fraudes fiscales et sociales
Le gouvernement espère récupérer 1,5 milliard d’euros de l’ensemble des mesures, qui concernent également la lutte contre la fraude sociale. -
L’environnement de marché est moins favorable à l’or
Le ton plus restrictif de la Fed, la hausse du dollar, l’incertitude sur le conflit au Moyen-Orient pèsent sur l’or. Les stratégistes de Goldman Sachs ont nettement revu en baisse leur objectif mais ils restent positifs car les banques centrales poursuivent leurs achats. Les stratégistes de Société Générale CIB ont relevé leur pondération sur l’or, avec la baisse des cours. -
Maisons du Monde s’apprête à passer sous le contrôle de deux fonds britanniques
En quête d’une solution de refinancement depuis plusieurs mois, l’enseigne d’ameublement bascule sur un scénario de restructuration de son bilan. A la clé, une dilution massive des actionnaires actuels.
ETF à la Une
Generali Investments va lancer ses premiers ETF actifs en Europe
- Les méga-IPO sont le dernier signe avant-coureur de bulle spéculative
- Garance s’ajoute à la liste des mutuelles dans la tourmente
- La France domine toujours le classement des meilleurs masters en finance
- Le pétrole plonge après l'accord entre les Etats-Unis et l'Iran
- L’assurabilité climatique refait surface dans l’agenda politique
Contenu de nos partenaires
-
Santé : pourquoi vos cotisations de mutuelle risquent encore de grimper
L’exécutif veut transférer jusqu'à 2 milliards d'euros aux complémentaires. Il espère ainsi enrayer la dégradation des comptes sociaux liée au blocage du détroit d’Ormuz -
Maisons du Monde annonce la signature d’un plan de sauvetage avec deux fonds britanniques
La chaîne d’ameublement et de décoration a annoncé une perte de 406 millions d’euros en 2025. Le plan de sauvetage, porté par les fonds Alteri Investors et Eicos Investment Group, nécessite d’être validé par les actionnaires -
Guinness des recordsStéphane Le Foll : « Si Olivier Faure poursuit sur sa lancée, le PS peut faire pire qu'en 2022 »
Très critique envers la direction du Parti socialiste, le maire du Mans réunira Raphaël Glucksmann, François Hollande et Bernard Cazeneuve à l'occasion d'un débat, le 27 juin. Pour le Sarthois, « le premier qui assumera clairement sa candidature prendra un avantage décisif » sur ses concurrents pour l'Elysée.