La Bourse de Paris passe à côté du retour en force des IPO
Quasiment 5 milliards d’euros au Royaume-Uni, près de 2,5 milliards en Allemagne et seulement 425 millions en France depuis le 1er janvier. Le marché des introductions en Bourse (IPO) ne s’est toujours pas rouvert à Paris. «C’est l’expression directe du différentiel de croissance entre la France et ses deux voisins. Mais c’est surtout l’illustration de l’absence totale de système pro-capitalistique dans l’Hexagone», explique Cédric Chaboud, gérant du fonds Skylar, spécialisé dans les IPO. Ce dernier voit passer en ce moment un à deux dossiers d’IPO par jour dans le monde.
«Les incertitudes fiscales ont pesé sur le comportement des investisseurs, des actionnaires et des dirigeants d’entreprises», ajoute Louis Godron, le président de L’Association française des investisseurs pour la croissance (Afic). «Dans le contexte fiscal, les entrepreneurs n’ont pas envie de cristalliser en Bourse la valeur de leur entreprise», insiste Cédric Chaboud. Selon lui, à part des dossiers «forcés» ou de «restructuration» comme la Fnac ou SFR, Paris a peu de chance de retrouver un rythme soutenu d’IPO, alors que des sociétés d’immobilier, d’assurance ou de services, secteurs qui profitent de la reprise économique, affluent en Allemagne, en Autriche ou en Grande-Bretagne.
Louis Godron espère toutefois que le prochain projet de loi de Finance redonnera «un peu de clarté» et incitera un «premier candidat à franchir le seuil de la Bourse, ce qui permettrait d’enclencher un cercle vertueux». Numericable-Completel, Criteo, Tarkett, Elior, Euronext, SFR, se préparent, à des stades d’avancement divers, dans l’antichambre de la Bourse. Mais la reprise réelle du marché s’annonce longue. «Il faut ranimer l’ensemble de l’écosystème qui vient de connaître un ‘equity crunch’ particulièrement violent», appelle Louis Godron. La création du seul PEA PME ne suffira pas.
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