JCDecaux rentabilise sa trésorerie dans son propre capital
Sans acquisition majeure à l’horizon, et compte tenu de la faiblesse actuelle des taux d’intérêt, JCDecaux ne voyait pas l’intérêt de finir l’année en position de trésorerie positive. Comme il l’avait annoncé début mars, le groupe de publicité urbaine va donc consacrer 500 millions d’euros pour racheter ses propres actions. Le prix de l’offre publique d’achat simplifiée (OPAS) a été arrêté à 40 euros par titre. JCDecaux va ainsi racheter 12,5 millions d’actions, soit 5,57% de son capital. Goldman Sachs dirige l’OPAS.
Le prix proposé offre une prime de 9% par rapport au dernier cours coté et de 21,8% par rapport à la clôture avant l’annonce du projet début mars. Il est également supérieur à la valorisation qui ressort de l’analyse des comparables du groupe. A 11,6 fois l’Ebitda estimé pour 2016, ratio médian du secteur, le prix de l’action JCDecaux ressortirait à 38 euros.
L’opération ne sera pas l’occasion pour la famille Decaux d’augmenter sa présence au capital. JCDecaux Holding, qui détient 63,4% du groupe, a confirmé son intention de participer à l’offre. Son apport sera réduit de manière égalitaire au prorata des actions apportées par l’ensemble des autres actionnaires. Après l’OPAS, et en supposant que tous les titres visés aient été rachetés puis annulés, JCDecaux détiendra toujours 63,4% du capital. L’opération va néanmoins réduire d’autant la capitalisation boursière de la société, sous les 8 milliards d’euros. JCDecaux Holding va ainsi faire remonter 317 millions d’euros, ce qui permettra à la structure familiale de diversifier son patrimoine. Elle avait déjà récupéré 378 millions d’euros en mars lors de la vente sur le marché de 5,4% du capital de JCDecaux au prix de 31,5 euros.
Avec les frais, l’OPAS coûtera 503,5 millions d’euros à JCDecaux. Le montant sera financé majoritairement par les ressources propres du groupe et, pour partie, à hauteur d’un montant maximum de 100 millions d’euros, par tirage sur la ligne de crédit revolving confirmée de 600 millions d’euros non utilisée à ce jour. L’effet positif sur le bénéfice par action est estimé à 4% par les analystes d’Oddo.
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