Hutchison Whampoa s’apprête à devenir le premier opérateur mobile britannique
La concentration du marché des télécoms mobiles devrait bientôt franchir un pas décisif au Royaume-Uni. Contrôlé par l’homme d’affaires Li Ka-shing, Hutchison Whampoa a annoncé vendredi avoir ouvert des négociations exclusives avec l’espagnol Telefonica en vue de lui racheter sa filiale britannique O2. Le montant de la transaction, susceptible d’atteindre 10,25 milliards de livres (13,55 milliards d’euros), en ferait l’acquisition la plus importante du conglomérat hongkongais à l’étranger.
Le projet d’accord valorise la cible 7,9 fois son excédent brut d’exploitation, contre un multiple moyen de 6,8 fois pour le secteur européen des télécoms, montrent des chiffres compilés par Bloomberg. La période d’exclusivité durera «plusieurs semaines». En cas de succès des discussions, la transaction, qui sera examinée par les autorités européennes de la concurrence, ne devrait pas être finalisée avant la mi-2016.
Déjà propriétaire du réseau britannique Three Mobile, le groupe asiatique, conseillé par Moelis et HSBC, propose un règlement de 9,25 milliards de livres en numéraire au bouclage de la transaction, complété par «le paiement d’un milliard de livres en plusieurs étapes si la nouvelle entité atteint des objectifs prédéterminés en matière de flux de trésorerie». Il contractera une dette d’acquisition de 6 milliards de livres et invitera des groupes de private equity à prendre une participation d’au maximum 30% dans l’entité élargie.
Cette opération propulserait Hutchison Whampoa du quatrième au premier rang sur le marché mobile outre-Manche, avec 31 millions d’abonnés, et elle produirait des synergies de 3 à 4 milliards de livres. Le groupe damerait ainsi le pion à EE, coentreprise entre Orange et Deutsche Telekom en passe d’être rachetée par BT, et à Vodafone qui arriverait alors en dernière position. Mais ce dernier, qui réalise 10% de son excédent brut d’exploitation au Royaume-Uni, «bénéficierait de la consolidation du marché pour un coût nul», relève Banca Akros.
Telefonica, conseillé par UBS, «verra sa dette réduite d’environ 30%», selon les calculs de Beka Finance. Il pourrait néanmoins réserver une partie du produit de la vente pour racheter la part de 20,5% détenue par KPN dans Telefonica Deutschland, ce qui permettrait au groupe espagnol de recevoir annuellement 150 millions d’euros de dividendes supplémentaires de sa filiale allemande, tandis que KPN engrangerait un produit exceptionnel estimé à 2,9 milliards d’euros.
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