Hewlett-Packard envoie des signes confus à l’orée de sa scission
Pour l’avant-dernière publication de résultats trimestriels avant sa scission en novembre, Hewlett-Packard a publié jeudi soir des comptes en baisse pour son troisième trimestre fiscal (clos le 31 juillet): il a enchaîné un quatrième trimestre consécutif de baisse de son chiffre d’affaires et le quinzième recul en seize trimestres; il a également annoncé un bénéfice net annuel prévisionnel inférieur aux estimations du marché – entre 3,59 et 3,65 dollars par action, contre un consensus de 3,64 dollars. Sa prévision de bénéfice oscille entre 92 et 98 cents par action pour le quatrième trimestre, alors que les analystes anticipaient en moyenne un dollar.
Hewlett-Packard montre qu’il peine toujours à s’adapter à l’ère de l’informatique mobile et dématérialisée; il est désormais certain que sa scission n’y puisse changer grand chose. Deux entreprises seront créées: HP Inc. regroupera la fabrication de PC et d’imprimantes pour le marché des particuliers (soit la moitié du groupe), tandis que Hewlett-Packard Enterprise regroupera les activités pour les entreprises (équipements et services). Certes spécialisées donc théoriquement plus réactives, elles auront davantage de difficultés à compenser une baisse de leurs marchés respectifs.
Pour le moment, Hewlett-Packard souffre dans la quasi-totalité de ses pôles. Les ventes du futur HP Inc. ont reculé de 11,5% au troisième trimestre (-13% dans les PC et -8,6 dans les imprimantes). Dans les activités corporates (Hewlett-Packard Enterprise), le chiffre d’affaires a baissé de 11% dans les services, tandis qu’il a progressé de 2% dans les infrastructures. Même la vente de logiciels – censée être la pierre angulaire de Hewlett-Packard Enterprise – a vu ses revenus décliner de 6,2%, à 900 millions de dollars. Mais le groupe anticipe un prochain retour à la croissance de cette branche, après l’avoir réorganisée.
Ces tendances ont déboussolé les investisseurs. Alors que l’action a perdu 1,4% à la clôture de jeudi et ouvrait en baisse de 1,46% vendredi, elle a ensuite bondi de 7,4% en séance pour clore en timide hausse de 0,44% (à 27,5 dollars). Les courtiers Bernstein et Citi estiment ainsi qu’au cours actuel, le groupe, qui a perdu 30% depuis le début de l’année, offre une valorisation intéressante, avec un PER de 7.
En septembre, Hewlett-Packard doit rencontrer les analystes, qui attendent davantage d’éléments financiers sur les futures deux entreprises nées de la scission.
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